OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. II. Zir
tendre l’ennemï dans-cette posture, l’épée h la main & couverts de leurs bou-cliers. Les Frisons croyant que l’ennemi vaincu d’avancc, demandoic grâce,lancèrent leurs traits en désordre : les Normans essuyèrent la premiere char-ge fans s’ébranler; mais tout à coup ils se levent, se déploient, marchentà l’ennemi, qu’ils mettent en déroute, tuent tout ce qu’ils rencontrent &font une quantité immense de prisonniers, (i) Rollon parcourut la Frise,menaçant de réduire les villes en cendres, si elles ne se rachètent par les plusfortes rançons, établissmt fur la province un tribut annuel & forçant les Fri-sons à lui prêter serment de fidélité, liagimer avoir rassemblé ce qui avoiréchappé au fer du vainqueur; Ilolîon descendit l’Escauc & alla l'attaqueravec encore plus de succès : 1 e Duc fut fait prisonnier & Rollon mit sa libertéau plus haut prix. (2) Fier d’une conquête qu’il n avoir pas cherchée,Rollon fit en Hollande, un séjour plus long qu’il ne ie l’ctoit proposé: ilemploya une partie du butin à augmenter sa flotte & à faire des levéesconsidérables.
Louis le Jeune étoit mort: Louis le Légué avoit succédé h Charles leChauve, qui, après avoir été vaincu dans les Alpes & en Allemagne, parlesenfans de Louis le Germanique, étoit mort empoisonné par le Juif Sedecias,son médecin. (3) Louis le Légué, eu accordant à la noblesse les privile-msqu'elle demandoic, en consentant que les dignités devinssent héréditaires' &les gouvernemens des patrimoines, fit plus de mal à ses successeurs, que lesNormaus n’cn avoienc soit à la France. Cependant ces Barbares s’étoientrendus maîtres des embouchures de la Seine, de la Loire & du Rhin: ilss’étoient fortifiés fur la côte de Frisé: la terreur enchaînoit les Frisons & lesSaxons; tout étoit consterné ou fugitif, lorsque l’Evêque de Breme, Lam-bert , Prélat pieux & brave, ranimant par ses exhortations la valeur engour-die des Saxons, les conduisit à l’ennemi étonné de leur audace: les Danoisanimés par l’orgueil de tant de victoires; les Saxons combattant pour laPatrie, la Religion & la Liberté , se battirent avec le‘plus grand acharnement.Les Saxons furent vainqueurs, farinée Danoise fut taillée en pieces, ce quis’échappa périt dans les marais ou par le fer du Comte de Flandre, Bau-douin II. On fait monter cette perte des Normans à plus de quaran-te mille. (4)
. Les Normans continuoicnt leurs ravages en France. St. Orner, Terouan-ne, Arras, Tournai, St. Riquier, St. Valéry, le Hainaut, la Flandre & leBoulonnois, étoient ruinés. Louis III & Carloman gagnèrent une bataillecontre eux: Louis le Germanique en défit huit à dix mille, dans le Hainaut.Louis ayant perdu son fils, ne songea plus h disputer PEmpirc-à fes cousins;il céda aux Seigneurs qui s’étoient distingués contre les Normans , k pro-priété des fiefs dont ils n'avoienc que Pufufruit. Ii donna la Gueldre auxSeigneurs de Pont, avec le titre d’Avoués 011 Protecteurs. La Gueldre futensuite érigée en. Principauté & le Comté de Zutphen lui fut réuni sor latête de Wichard. Les Pays-bas avoient été réunis à la Germanie par un traitéd’alliançe, entre Louis le Germanique & le Roi de France.
(1) Dudo Hist. Norm. L- II. Guill. Geram. Ilíst. Norm. L. II. c. 7,8. (2) Idem, Ibid.(z) Meyer Anu. F-land. L. II. Ami. Bertin. ad ami. 875. Mabill. dipl. L. VI. c. 93. Ai.n,se. I. c. 22. Atin. Mett. act amu 870. (4) Uábo semai. rer. Fcis. se. V. Meyer ubi íupr.
H t fi. anc.de Hol-lande.
Défait lasFrison s.
87s.
Défaite desNormandspar lesSaxons,
88d.
Les Nor-mands ré-p indusdans laFrance.Battus,