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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sjìct. II. 313

sur les Normans & les tailla en pieces. Malgré'cette victoire,; voyant quil Hist. anc .ne pouvoit pas compter fur lobéissance des François, il acheca la paix de Je Hol-Sigefroy, moyennant douze mille talcns quil promit de lui payer cous les lanAe -ans. (1) Carloman mourut peu de cems après, de la blessure dun sanglier. og ~ '

A peine fut-il mort, que Sigefroy viola les traités, prétendant que Carloman Ils veulentavoit acheté, la paix, & quil ne tenoit quà son successeur den jouir au- vendre la-me prix. (*) Ce succeílèur étoit Charles le Gros, qui réunit fur fa tête P AI- 'ri t * r i islemagne, lícalie & la France. Godefroy, qui cherchoit un prétexte de- Grw. W *clarer la guerre, en prit un aíîèz singulier; il prétendoit que les Etats quonlui avoit donnés ne produisant que des grains, lEmpereúr devoit lui céderAndernach & Coblentz qui produifoient du vin. II envoya à ce sujet uneambassade à Charles, que cette proposition jetta dans lembarras. Dun côté,le refus entraînoit la guerre; de lautre, accorder cette demande, cétoitouvrir lAllemagne à Godefroy. LAmbassadeur de Godefroy étoit Gerlof -,tige des Comtes de Hollande.

Le Prince Danois avoit promis à Hugues, frere de Gifelle, de soutenirses prétentions au trône de Lorraine, quils dévoient partager: il avoit faitde grands préparatifs de guerre, & tandis que Gifelle écartoit les soupçonsloin de .Charles par de continuelles marques d'amitié, son époux appel soit Tentativesles Danois&. leur offroic des établissemens dans le Kennemerland, d ils despourroient étendre plus loin leurs conquêtes. (2) Les Danois vinrent en ^Holkm--foule & fe retranchèrent fur lYssel, dans le deslèin de semparer de Does- de.bourg; mais leur projet fut renversé par le Duc Henri.

. LEmpereur avoit pris du tems pour répondre à la dérnande de Godefroy.

Dans Pintervalle il fit venir Henri, Duc de Saxe, qui commandoit dans leBrabant, & à qui il exposa fes inquiétudes. Le Duc ne lui dissimula pointla difficulté de fe débarrasser des Normans, défendus par leurs marais & ferenouvelant fans ceílè; il ajouta que Godefroy, coupable de tant de perfi-dies, ne méritoit aucun ménagement, & que si lEmpereur y consentait, iltrouveroit le moyen de len délivrer, (z) Charles le laissi le maître. Henrichoisit une troupe de Westphaliens, quil"sit pastèr successivement fur lesfrontières de la Betuwe, déguisés en marchands. Lorfquils furent rendusà leur destination, il sy rendit lui-même en qualité dAmbassadeur, avec Gui-libert, Evêque de Cologne, & une escorte * très nombreuse. A son arrivéeil fit demander à Godefroy une conférence à Schenck , fur la pointe quifait la séparation du Rhin & du Wahal ; Guilibert écarta Gifelle, sous pré-texte dune conférence particulière. Henri avoit confié son dessein h Eve-raid, que le Prince Danois avoit dépouillé de fes terres & qui nafpiroicquà la vengeance. Godefroy parla de lEmpereur avec peu de ménagement.

Everard lui répondit, dun ton fier, quil falloit être foi-même exempt de

O) Fbbo Emm. rer. Fris. L. V.

C 3 Fa plus fâcheuse des extrémités à laquelle un Etat puiffeêtre réduit, est dêtre forcéà acheter la paix de fes ennemis. Ii sôte les moyens de leur résister & leur donne ceux delaccsbler plus sûrement ; il se rend méprisable & ne sait que retarder sa perte. La paixacquise à prix dargent,'ne pouvant être que momentanée, un Etat ne doit recourir à cet-te ressource quautant quil a besoin de tûius, pour faire des préparatifs.

(2) Regin. Ann. Fuid. ad ann. 884. (z) Hist. gén. des Prov. Uaies. L. IV. T. II.

Tome XLIII. R r