HISTOIRE DE HOLLANDE
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SzCT. II SHiji suc.de Hol-lande.
GoUefroyl’un de leurchefs , esttué par tra-hison.
Jls J ont ex-terminésdons laFrise.
886 .
De nouvel-les troupesdéjolent leWestphalie.Une partiee(l massa-crée.
L'autre sejoint à Roi(on, ouRaoul.
Jls tententde surpren-dre Paris.
Charlesachete leurretraite.
reproche, quand on s’avisoit d’en faire à quelqu’un. Godefroy le traita d’in-solent & le menaça ; Everard d’un coup de sabre termina sa vie : auffitôt lesmarchands Weltphaliens í’e joignent aux- troupes de la fuite de l’Ambaííà-deur & égorgent la garde de Godefroy. Les Frisons accourent, ils déces-toient Godefroy; ce tyran leur avoit non - seulement défendu toute efpeced’armes, mais les avoit tous obligés à porter une corde au cou, comme descriminels toujours prêts à être attachés au gibet, (i) Ces troupes raíîèmbléesmassacrèrent tous les Normans qu’ils rencontrèrent. En trois jours la Friseen fut délivrée. Hugues fut arrêté & renfermé dans le monastère de Pruyn.Everard fut fait Comte & Gerloff rentra dans ses biens, qui lui avoient étéravis (2) dans le territoire d’Utrecht.
L’aílaíïìnat de Godefroy ranima la rage des Normans ; les recrues qu’ilfaisoit venir, averties de cette sanglante exécution, fe jetteront dans la West-phalie & la mirent à feu & à sang; ils taillèrent en pieces les Saxons quivoulurent s’oppofer à leurs fureurs ; mais les peuples du Teisterbant surpri-rent leur camp & en tuèrent la plus grande partie. (3) Ceux qui échappè-rent, s’étant joints à ce qui restoit de Farinée de Godefroy, entreront dansla Seine, fous la conduite de Sigefroy, avec un si grand nombre de barques& de vaisleaux, que la riviere en étoit couverte dans l’efpace de deux lieues.(4) Ils allerent grossir F Armée de Rollon, qui ravageoit la Neustrie, s’em-parerent de Pontoife & marchèrent à Paris. Cette ville étoit alors renferméedans une iíle formée par les bras de la Seine: on n’y entroit que par deuxponts défendus par deux forts redoutables: (5) ils y mirent le siégé. Eudes,frere de Robert le Fort, Comte de Paris; Goíièlin son Evêque, F Abbé Eb-bon, son neveu, Harcheric frere de Tietberg Comte, de Maux, Ragenai-re, Aledrand, à qui la valeur qu’il avoit montrée dans la défense de Pontoifeavoit obtenu la liberté de fe retirer avec fa garnison, & quantité de Noblesiès’étoient jettés dans la ville. Sigefroy usa fans succès, pour la surprendre,de toute sorte de ruses : il cssiiya la force ouverte & ne réussit pas mieux : ilattaqua le grand Châtelet & fut repoussé avec perte de 500 hommes: l’aslàucavoit duré toute la journée ; il recommença lé lendemain & les Normansfurent encore repoussés. (6) Selon Mezerai, le siégé dura trois ans, pendantlesquels il y eut différentes sorties, & les Normans firent des excursionsdans les provinces voisines. (7) Le Duc Henri de Saxe fut envoyé au secoursde Paris, força le camp des Danois, & fit entrer des troupes & des muni-tions dans la place. II s’en retourna fans avoir fait aucune perte; mais étantrevenu quelque tems après, il tomba dans une sosie couverte de paille, futasibmmé par les Normans & son armée fe retira en Allemagne. L'Empe-reur vint lui-même au secours de Paris, & considérant du haut de Mont'martre la force des retratichemens du camp ennemi, il capitula, (o) leuraccorda de l’argent, à condition qu’ils quitteroient la France, après avoirpassé l’hiver en Bourgogne, province qui fut livrée au pillage. Les François
CO Ubbo Enim. rer. Fris. L. V. Mog. Chron. Belg. ad ann. 884. (2) Regìn. ad SUN.885. Nie. Kolin Chr. (3) Gotfrid Vicerb. Chr. part. 17. (4) Mezer. Hist. de France
T. i. ( 5) c’est aujourd’hui le grand & le petit Châtelet. Voy. Saintfoix Essais fur Paris,T. 1. p. 10.. (6) Abbo Carmína. (7) Mezerai ubi supra. (S) Ubbo Euun. rer. Fris.L. V. Gesta Normann.