OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. III. Z2l
vernement du Kennemerland & fie la paix : il pardonna la mort d’Arnoud son mu. dèpere, aux Frisons, qui le reconnurent pour Souverain de la Hollande, s’o- Hollande,bligerent au tribut annuel du dixieme de leurs revenus & à lui fournir un cer- v J 434-tain nombre de troupes, lorsqu’il en auroit besoin, (i). Et a c or d
La paix fit fleurir le commerce & les arts: les Normans attirés par Pess lapoixmxpoir du butin, pénétrèrent par la Meuse jusques à Thiel, saccagèrent la ville, Fríjons.brûlèrent l’église & se préparaient à de nouveaux ravages, lorsque Godefroy I0 ° 9 .Avoué de Gueldres, secondé des Comtes de Cleves & de Tcisterbaut les Incursionsmit en fuite: ils parurent fur le Leck, Tannée suivante, avec une flotte & àts Nor-des troupes plus nombreuses. Les Hollandais les reçurent avec une audace ’/ wní 'qui eut forcé Tennemi à la retraite, fi leur flotte eut’resté fur la défensive»;mais il profita du désordre où leur courage & leur précipitation les jetterent.
Les Normans pestèrent à travers la flotte & pénétrèrent jusques à Utrecht,dans le dessein de surprendre Ansfrid qui remplissait alors ce siégé. Ansfrid,du sang de Charlemagne, avoit quitté son épouse pour íè faire prêtre &s’étoit dépouillé de ses Comtés & de ses Seigneuries, pour en doter les égli-ses d'Utrecht & de Liege & l’abbaye de Heyligenberg. (2) Les Normansle firent prier de leur ouvrir les portes de la ville, pour aller faire leurs priè-res à la cathédrale. Le Prélat rejette leur demande hypocrite ; ce refus &l’audace que les Hollandais leur avaient montrée, les empêchèrent de rien ni eur rî .tenter; ils se retirèrent & ne reparurent plus fur ces mers. traite.
Délivré de ces barbares, Théodoric trouva dans l’Evêque Adelbold, suc-cesseur d’Ansfrid, un ennemi plus dangereux. Les Evêques d’Utrechtavaient réuni fur leur tête des poste liions immenses, ils a voient usurpé quel-ques terres de la succession de Gerlof. L’Empereur Óthon leur avoit donnéun fixieme de la pêche de Fembouchure du Rhin. Par de nouvelles dona- Prétentionsdons des Empereurs, les possessions de FEvêque détendaient jusques à la à'Adelbold,vieille Meuse, (z) Adelbold sur ce titre prétendit que la chasse de la forêt ^ulrecht.de Merwede & la pêche du Wahal & de la Meuse, lui appartenaient. LesEvêques de Liege & de Treves formaient les mêmes prétentions ; (4) maistous exclusivement à Théodoric qui en jouistoit: ce Prince assiira ses postas-sions par un fort, qui a donné naissance à la ville de Dordrecht. (5)
Adelbold étoit Frison; il anima ses compatriotes. Bavo Margrave deBodegrave, se mit à leur tête; les Hollandais marchèrent à lui, le battirent& lui enlevèrent son Margraviat. Adelbold parut h la tête d’une nombreuse L'Evíqutarmée & fut vaincu. Théodoric étendit ses conquêtes dans le pays d’U- déclar ^trecht; (6) mais ce Prince avoit établi un péage fur le Wahal & la Meuse: ^jìblttu.cette contribution servit de prétexte à la ligue que, pour venger sa défaite, 1018.FEvêque d’Utrecht forma avec les Evêques de Liege & de Cologne ; ilsflattèrent les marchands, séduisirent les villes commerçantes; alors ils feplaignirent à FEmpereur Henri II des exactions de Théodoric fur le com-merce & la navigation de la Meuse & du Wahal; exactions, selon eux, plus
(1) Voffii Ann. L. II. (2) Mirants Cod. donat. piar. c. IV. Math. Chron. Traject.
Ann. vet. œvi. T. V. (z) Joann. à Leyd. L. IV. c. 12. (4) Chron. Cam. iii
Balderic. L. III. c. 9. (5) Alperc de div. teinp. L. II. c. 20. Nicol. Kolyn. Chron.
(6) Beka in Adelb.
Tome XLIIL S s