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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. VI. 543

Le Comte dEgmond, peu dheures avant fa mort, écrivit à Philippe II Hist. cksla lette suivante. Sire, jai entendu ce matin la sentence quil a plu à Hollande. Votre Majesté décréter contre moi; & combien que mon intention naît I555 ' IS ° : jamais été de rien traiter, ni faire contre la personne, ni le service de Votre Majesté, ni contre notre vraie, ancienne & Catholique religion,

si est-ce que je prends en patience, ce quil plaît à mon bon Dieu de menvoyer & si jai, durant ces troubles, conseillé ou permis de faire quelque chose, que semble autre, na été toujours que avec une vraie,

,, & bonne intention au service de Dieu & de Votre Majesté, & pour la nécessité du temps. Par quoi, je prie h Votre Majesté me le pardonner,

& avoir pitié de ma pauvre femme, enfans & serviteurs, vous souvenant de mes services passés ; & fur cet espoir men vais me recommander à la Miséricorde de Dieu. De Bruxelles, prêt à mourir, le 5 Juin 1568.

Le Comte de Home ne montra pas tant de soumission aux ordres duRoi & du Duc dAlbe, que lEvêque appelloir ceux de la Providence. IIsécria que cet arrêt étoit inique. Le Prélat sefforça de le résoudre à céderà la nécessité. II lengagea à se confesser: je me suis confessé à Dieu , répon-dit le Comte. Cependant il se rendit à ses instances. II vit bientôt entrerles satellites; il les suivit, traversa la place, la tête levée, le regard tran-quille, saluant les personnes de fa connaissance, leur disant adieu dune voixíerme : lorsqu il fut monte fur 1 échaffaud, il vit un corps couvert dun drapnoir; il demanda st ce nétoit pas celui du Comte dEgmond? On lui répon-dit quoui. II proféra alors quelques mots Espagnols, fit une courte priere,

& tendit la tête à Pexécuteur.

Le Comte étoit dune belle taille : son maintien étoit noble, sa physiono-mie agréable; il ne laissa quun fils qui mourut en bas - âge: il étoit frere deFlorent de Montmorency, Baron de Montigny, que nous verrons périr du-ne maniéré aussi tragique. Son épouse étoit Walpurge de Nuénar, fille deGuillaume Comte de Nuénar, & dAnne Comceslè de Wied. Les deux têtesfurent exposées pendant quelques heures fur deux poteaux. II paroît que ledessein du Duc dAlbe étoit de prolonger longtemps cet affreux spectacle &dimiter, en cela, Fufage barbare des Despotes dAsie: mais il fit retirer lesdeux têtes & inhumer les deux cadavres, parce-que cette vue excitoit plusdindignation & de pitié, que de terreur. On vit des Flamans tremper deslinges dans le sang de ces infortunés, & les emporter, comme des restescapables de les exciter h venger les' deux Comtes & à' délivrer leur patrie.

Quant à ce qui sétoit passé h Tournai, dont il est fait mention dans lasentence du Comte de Home, tout son crime étoit dy avoir établi uneespece de Tolérance , qui laiíloit cependant la supériorité à la ReligionCatholique. La Gouvernante avoit été satisfaite de fa conduite, puisquelielui écrivoit le 12 Septembre 1566: Je ne veux laisser de vous dire, quil me semble que vous avez pris-Je contenu de mes précédentes en autre part que je ne les ai écrites ; car sil vous les plaît revoir, " ne trouverezquai repris , ou ai eu mécontentement de votre négociation; au contrairefat dit que. je sçavois que vous y avez procédé de bon zele , considérant les extrêmes nécessités en quoi les affaires font réduites. Le Comte avoir em-pêché que les Protestans ne troublassent le service Divin ; il avoit fait resti-