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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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Sect. VI.Hist. deHollande.1555 - 1 5 ^ 7 >

554 HISTOIRE DE HOLLANDE

proche; on a en France la preuve de cette action horrible dont je laccuse. ",, Mais ce ne fut pas le seul aílàísinat que ce mariage lui fit commettre; illui fit sacrifier son fils unique : fans cela le Pape nauroic pu lui accorder la! dispense quil désiroit, & pour lobtenir il nauroit pas eu le prétexte denavoir point dhéritier mâle. Ceft donc à ce mariage quil faut attribuer lamort de linfortuné Don Carlos , auquel on pouvoir reprocher quelqueinconduite, niais pas un seul crime qui pût justifier fa condamnation, encoremoins excuser un pere de tremper fes mains dans le sang de son propre fils.Mais, quand bien même Don Carlos eût été réellement coupable, devoic-ilêtre jugé par des moines, par des Inquisiteurs Espagnols, vils esclaves de latyrannie de son pere ? Cétoic à la nation, cétoit à se s futurs sujets à quison pere devoir déférer son crime, cétoit h eux à juger son fils.

Mais ce bon Roi, juste & équitable comme il Test, nauroit-il pasaussi été porté h sacrifier son fils aux scrupules quil auroit pu avoir de laiílèrà fes sujets, dans son héritier, un Prince sorti dun mariage illégitime? car,Messieurs, le mariage de Philippe avec la mere de Don Carlos nétoit pasmoins contraire aux loix de Dieu & des hommes, que son second mariage.Dans le tems quil épousa la Princefiè de Portugal, il étoit déjà engagé dansles liens du mariage avec Isabelle Oforis, dont il avoit eu deux enfans, Pedre& Bemardino. Ce mariage quavoit fait Ruy Gomez de Silva , PrincedEboli, fut la source de la puifiance & de la grandeur de ce Seigneur. Per-sonne nignore que dans le même tems ce Roi, qui prend aujourdhui avectant de chaleur le parti de la chasteté, vivoit dans un adultéré habituel avecune autre femme, nommée Euphrasie. Qui ne fait pas quil força le PrincedAfcoli dépoufer cette même femme, qui étoit enceinte de lui? Ce Princeinfortuné mourut, & tous les courtisans Espagnols attribuèrent fa mort auchagrin que lui avoit fait PafFront auquel il avoit été obligé de sc soumettre,& la cruelle nécessité il sétoit vu de reconnaître pour son héritier le bâ-tard adultérin dun autre: dans le vrai, ce fut le Roi qui Je fit empoisonner.Voilà, Meilleurs, la conduite chaste & les mœurs pures de ce même Roi,qui a aujourdhui laudace de vouloir noircir mon mariage & de le qualifierdune violation manifeste des loix sacrées de la chasteté.

,, Je terminerai cette apologie, après mêtre permis de faire encore quel-ques remarques fur la nature & fur lespece de la sentence de proscriptionquil a prononcée contre moi. Cest dans cette partie de lédit que le Roi,

. ou quelque vil instrument de fa tyrannie, a employé contre moi les expres-sions les plus fortes & les plus atterrantes ; mais elles ne me causent pas plusdeffroi, que nen ont causé les anathèmes de Clément VII au Prince Phili-bert, mon parent, quand il assiégea ce Pape dans le château de St. Ange &quil ly fit prisonnier. Après les preuves que jai données du peu de crainteque minspire le pouvoir de Philippe,après avoir fait tête depuis tant dannéesh fes meilleurs généraux & aux nombreuses armées quils commandoient,cest un moyen bien puéril que Philippe emploie pour mintimider, que cetteproscription , les déclamations quelle renferme & les termes outrageansquelle contient. Jai moins de raisons maintenant que je nen avois autrefois,de craindre les attentats de ces misérables quil veut armer contre moi. Jenignore pas quavant de sen servir, il a offert de très-grandes récompeníès