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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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55 6 HISTOIRE DE HOLLANDE, &c.

Skct. VI. à qui ]a conscience permet demployer des moyens aussi impies : les sentimens.Hifl. de dépraves du cœur de mon accusateur font un témoignage de mon intégrité.Hollande. ^ j e cro j s q U e ce que je viens de dire, suffit pour me justifier des fauiîès1555-15 7 i m p Uta tions dont est rempli lédit de proscription. Je naurois jamais fini 9si jétois entré dans le détail des cruautés que Philippe a exercées envers lespeuples des Pays-bas; si javois voulu rapporter toutes les injustices quil acommises à leur égard: ce détail, dailleurs, auroit été inutile; vous avezété spectateurs, Messieurs, de ces scenes horribles, & même les victimesde loppression.

Mais, avant de finir, je dois cependant vous supplier de réfléchir sé-rieusement sur les moyens auxquels notre ennemi est forcé aujourdhui davoirrecours pour accomplir son dessein. Cette infâme proscription, les peines &les foins que lui & ses ministres prennent continuellement pour semer la divi-sion parmi ces provinces, font voir clairement quil est fans espérance denous aflèrvir par la force des armes, tant que nous resterons unis.

Cest assurément ma perte feule quon fe propose. Si la mort, ou lebannissement, môtoit dau milieu de vous, dit Philippe, la tranquillité seroicbientôt rétablie dans les Pays-bas. Vous concevez aisément de quelle tran-quillité il veut parler. Rappelez-vous la situation. vous vous êtes trouvésavant mon retour dans ces provinces ; vous gémissiez alors fous ^oppressiontyrannique du Duc dAlbe. Sil étoit vrai que mon exil pût vous délivrer devos calamités, Philippe nauroit pas besoin demployer le secours des assassins& des empoisonneurs. Combien de fois me fuis - je exposé volontairementLux dangers les plus grands pour votre défense? Cest à vous à juger si mavie & ma présence sont utiles ou préjudiciables au bien de ces provinces;cest à vous seuls, & non au Roi dEípagne, que je dois compte de maconduite : vous avez fur moi un pouvoir absolu ; disposez, comme vous letrouverez à propos, de ma personne & de ma vie; prononcez: jobéiraitservez-vous de laiitoriré dont je reconnois que vous êtes investis, donnezdes ordres, ou pour mon départ, ou pour ma mort, si vous jugez lun ou.lautre nécessaire au bien général. "

Mais si, au contraire, comme je men flatte, ma conduite passée vousa convaincus de la sincérité de mon zele & de mon attachement; li ma lon-gue expérience vous donne de la confiance en mon habileté pour conduire,vos affaires, je continuerai demployer à votre service les talens que jai reçusdu ciel, dans lespérance que von s ferez attention aux exhortations précé-dentes que je vous ai laites de maintenir parmi vous ìharmonie & la concor-de, & que vous travaillerez vous-mêmes avec vigueur à défendre le peuple,que vous vous êtes engagés de protéger, comptant quavec la grâce daTout-puissant vos travaux seront couronnés de succès.

Fin du Tome Quarante-trou.