50 L'ITALIE CONFÉDÉHÉE
« L’armée qui vous menaçait avec tant d’orgueil ne trouve plus de bar-rières qui la rassurent contre votre courage. Le Pô , le Tessin , l’Adda,n'ont pu vous arrêter un seul jour; ces boulevards vantés de l’Italie ontété insuffisants : vous les avez franchis aussi rapidement que l’Apennin .
« Tant de succès ont porté la joie dans le sein de la patrie. Vos repré-sentants ont ordonné une tête dédiée à vos victoires, célébrée dans toutesles communes de la République . Là, vos pères, vos mères, vos épouses,vos sœurs, vos amantes, se réjouissent de vos succès et se vantent avecorgueil de vous appartenir! »
Soixante-trois ans plus tard, l'héritier de son sceptre, son émule engloire et en puissance, Napoléon 111, datait de celle même ville, qui le sa-luait comme le génie de la délivrance et qui l’appelait son libérateur,cette autre harangue digne de son aînée :
« Soldats!
« H y a un mois, confiant dans les efforts de la diplomatie, j’espéraisencore la paix, lorsque tout à coup l'invasion du Piémont par les troupesautrichiennes nous appela aux armes. Vous n’étions pas prêts : les hom-mes, les chevaux, le matériel, les approvisionnements, manquaient, etnous devions, pour secourir nos alliés, déboucher à la hâte, par petitesfractions, au delà des Alpes , devant un ennemi redoutable, préparé delongue main.
« Le danger était grand : l’énergie de la nation et votre courage ontsuppléé à tout. La France a retrouvé ses anciennes vertus, et, unie dansun même but comme en un sent sentiment, elle a montré la puissance,de ses ressources et la force de son patriotisme. Voici dix jours que lesopérations ont commencé, et déjà le territoire piémontais est debarrasséde ses envahisseurs.
« L'armée alliée a livré quatre combats heureux et remporté une vic-toire décisive qui lui ont ouvert les portes de la capitale de la Lombardie ;vous avez mis hors de combat plus de trente-cinq mille Autrichiens, prisdix-sept canons, deux drapeaux, huit mille prisonniers; mais tout n’estpas terminé : nous aurons encore des luttes à soutenir, des obstacles àvaincre.
« .le compte sur vous. Courage donc, braves soldats de l’armée d’Italie !Du haut du ciel vos pères vous contemplent avec orgueil.
« VAPULEOV. »