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L’ITALIE CONFÉDÉRÉEmaître. M. Sebregondi, podesdat ou maire de Milan , fut de ce nombre ;quelques jours après, Victor-Emmanuel II le remplaçait par le comteLuigi lïelgiojoso.
Le défilé des Autrichiens en retraite dura toute la nuit. Les derniersbataillons ennemis sortirent de la ville dans la matinée du 5, après avoirencloué les canons de la citadelle et ceux du fort de Pontesa, et chargésur les voitures du train tout ce qui pouvait s'emporter à la bâte. LesAutrichiens étaient encore dans la citadelle que déjà le peuple y péné-trait, enlevant les armes de l'arsenal, les munitions et les effets militairessans rencontrer aucune résistance.
Derrière les derniers fuyards autrichiens, dans la matinée du 5, les •habitants de Milan , déjà en armes, élevaient des barricades pour s’oppo-ser à toute tentative de retour de l’ennemi, lui faisaient deux mille prison-niers, et se portaient en masse au palais Broletto, siège de la municipa-lité, où siégeaient les six adjoints du podesdat en fuite, demandant quela Lombardie fût annexée au Piémont, conformément à l’acte rédigé aumois de juin 1848. A cette époque, on se le rappelle, la Lombardie , alorsmaîtresse d'elle-mème, fut appelée, selon le désir de Charles-Albert , àdécider de son sort par le suffrage universel. Sur cinq cent soixante-deuxmille électeurs inscrits, cinq cent soixante et un mille trois cent dix-neufvotèrent pour la fusion immédiate du territoire lombard avec la monarchiesarde, sous la souveraineté de la maison de Savoie, et six cent quatre-vingt-un pour la remise du vote.
Après ce vote, qui disait avec tant d’autorité les vœux réels et les vraissentiments du peuple, un acte régulier d’annexion de la Lombardie auPiémont fut dressé par les représentants légaux de ce môme peuple. C’estle renouvellement de cet acte que les habitants réclamaient de la munici-palité, qui s’empressa de satisfaire à ses désirs en rédigeant à l’instantmême un nouvel acte d’annexion de la Lombardie au Piémont. Le jourmême, les adjoints restés à leur poste partirent pour San-Martino de Tre-cale, où était le quartier général du roi Victor-Emmanuel II , afin de luiremettre, avec ce document, les clefs de Milan . Mais, avant de s’éloignerde la ville, ils avaient fait afficher l’avis suivant :