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« Mes chers parents,
« Je ne vous écris pas cette lettre avec grande joie, et je vous apprendsque mon sort n’est pas bon du tout, mais au contraire bien triste, car nousne nous reposons nulle part ; et je ne suis plus en Bohême, mais en Italie ,àBergame, et à chaque instant peut venir l’ordre d’aller plus loin, et toutcela est bien triste et bien désagréable. Nous avons passé par la Bavière etla Saxe , qui ne sont pas des provinces de notre Empereur, mais où onnous a reçus partout très-bien, avec beaucoup de bonté ; et on nous a fêlésdans toutes les villes ; et puis j’ai été aussi en Tvrol, et maintenant je suisen Italie , où personne ne veut des billets de banque, et il n’y a que l’oret l’argent qui.aient cours.
« Mon cher père, ma chère mère, je vous souhaite bonne santé, et àmes frères et à mes sœurs ; je salue tous mes bons amis, et je suis votreiils obéissant.
kJohann. »
'< Ma chère mère,
« J’écris ces lignes en pleurant ma malheureuse vie de soldat, qui menavre jusqu’au fond du cœur. Je prie Dieu que ces lignes Irouvcnt machère mère en bonne santé, et mes sœurs aussi. Ecrivez-moi, si vousrecevez cette lettre et si vous avez reçu mon autre lettre. Je ne suis plusen Bohème, mais en Italie , à Bergame , où les billets de banque ne serventpas, et où on ne veut que de l'or ou de l’argent. Nous n’avons de reposnulle part, et à chaque instant il faut marcher, et juste, dans ce moment,nous avons l’ordre de partir encore d'ici, ou pour le champ de batailleou pour le camp. Nous sommes venus par la Saxe et la Bavière , qui sontdes provinces étrangères, où on nous a partout très-bien reçus, et où onnous donnait tout ce que nous voulions, à boire et à manger pour rien. Onnous a fêtés dans chaque ville où nous sommes venus en Allemagne . Jepr ie Dieu au moins de me conserver la santé, et à ma mère et à messœurs aussi.
« Je suis votre fils obéissant.
« Frantz. »
On peut juger par ces lettres, dont la variété d’expressions indique as-sez la sincérité de sentiment, de la contrainte que les généraux de l’em-