Buch 
Campagne de Piémont et de Lombardie en 1859 / par Amédée de Cesena
Entstehung
Seite
73
JPEG-Download
 

pereur d'Autriche étaient forcés demployer pour exciter lardeur de soldatsvenus de toutes sortes de provinces se ranger par nécessité sous un dra-peau qui pour eux était souvent un drapeau ennemi.

Cest dans la journée du 15 juin que Garibaldi sétait dirigé sur Jlres-cia, le tocsin appela aussitôt les habitants au combat. On écrivait, lelendemain, de cette même ville, quà l'appel du tocsin la population en-tière, électrisée, avait couru aux armes. Les fusils manquaient; de jeunescitoyens, qui ne pouvaient sen procurer, pleuraient de désespoir d'êtresans armes : quelques-uns prirent, faute dautres instruments de guerre,des faux et des fourches. Garibaldi poursuivit lennemi hors de la ville, àla tête de sa troupe, à laquelle sétait réunie la garde nationale de Brescia .Au retour de cette poursuite, il publiait la proclamation suivante :

« Citoyens de Brescia !

« Laccueil fait aux chasseurs des Alpes est une nouvelle preuve de votreenthousiasme patriotique.

« Le sublime spectacle que votre ville présente est digne de votre an-cienne renommée.

« En accourant aujourdhui au premier cri d'alarme avec les chasseursdes Alpes , vous avez montré que, gardiens jaloux de lindépendance, vousétiez décidés à la défendre, à la consacrer par votre sang. Gloire aux Bres-cians !

« l.es ennemis qui rôdent encore dans les environs ne sont pas des sol-dats qui menacent votre ville, mais des ennemis en fuite, qui, pour sou-vrii\une route, laissent partout ils passent les traces de leur domina-tion exécrable.

« Citoyens de Brescia, et vous, habitants des campagnes,

« Le moment est arrivé de combattre au nom de vos frères morts surle champ de bataille, de continuer vos brillantes traditions de gloire!

« A la rage de lennemi, obligé dabandonner à jamais ces belles con-trées, opposez le courage du sacrifice ; courez grossir les rangs des volon-taires ; que rien ne vous coûte pour reconquérir votre liberté.

« Le drapeau tricolore, ancienne idole de nos cœurs, flotte sur vostêtes et vous commande lamour de la patrie et le dévouement. Que lesvictorieuses armées franco-italiennes, en vous délivrant de vos ennemis,vous trouvent dignes de leur glorieux concours !

« Bresria, 15 juin 1850.

« Gaiubaldi.

« Le commissaire de Sa Majesté,

« Bervenuixo Blanchi. »

i ir. 10