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risé par un brouillard extrêmement épais, etl’on travaillait sous la protection de trente-huitpièces de canon de fort calibre, très-avanta-geusement placées, et qui battaient tellementen tout sens, et à revers la plaine basse qui està la rive gauche, qu’il était impossible de s’yprésenter. Pour masquer encore mieux les tra-vailleurs, on mit le feu au hameau du petitDettingen, situé vis-à-vis le point de passage.Néanmoins, quoique cette position lut faible-ment gardée , et que nous n’eussions pas eu lemoindre soupçon de ce projet, il n’en échoua pasmoins, autant par l'effet des mauvaises disposi-tions faites pour le passage, que par la difficultéde faire tenir les ancres à cause du fond de ro-cher d’une partie du lit de la rivière. Lorsque lebrouillard se dissipa , sur les neuf heures dumatin, un des ponts n’était qu’à moitié fait, etl’autre était à peine commencé; et vers midi, lesgénéraux français Ney et Heudelet , qui étaientaccourus au bruit de la canonnade, l’un de Nider-Frick, et l’autre de Brugg , avaient déjà ras-semblé une douzaine de mille hommes sur leplateau de Boezstein et dans un bois qui domi-nait la plaine du petit Dettingen , et les troupesde réserve disponibles avaient été mises en mou-vement de toutes parts et se dirigeaient surce point. Les Autrichiens sentirent dès-lors que