leur tentative devenait impraticable ; et cetteopération, pour laquelle ils avaient fait d’im-menses préparatifs , se termina par une con-vention qu’ils proposèrent , et qui leur fut ac-cordée; ils obtinrent la faculté de retirer leurspontons, à condition qu’ils cesseraient le feu deleur artillerie (1).
Si ce passage eût réussi , l’Archiduc, en re-montant l’Aar par sa rive gauche, nous eûtbientôt intercepté les ponts de Brugg , d’Aarau et d’Olten ; notre centre et notre droite se trou-vant séparés de notie gauche, Bâle et les dé-partements du Rhin eussent été très-exposés,et Masséna se serait vu forcé d’abandonner laLimât, de repasser l’Aar, et de se jeter dans le
(1) C’est la seule fois, que je sache , que les Autri-chiens ayent essayé un passage de fleuve de vive force,pendant tout le cours de cette guerre; et leur tentativene leur a pas réussi. Us doivent moins s’en prendre àla mauvaise qualité du fond pour l’ancrage qu’à leursfausses dispositions. En revanche , les Français en onteffectué un bon nombre, la plupart fort difficiles et pres-que toujours avec succès. Je sais quels sont les moyenspar lesquels celui de l’Aar aurait pu réussir ; mais jecrois qu’il serait impolitique de les détailler ici ; je lesindiquerai cependant dans îles mémoires particuliersque je me propose de rédiger pour l’instruction desofficiers de pontoniers.