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HISTOIRE DES PAPES.
[I. S.]
d’une extrême dissimulation, connaissait parfaitement l’artde gouverner les hommes, et par ses artifices il étendit sadomination sur Rome et sur tout l’empire : il sut accoutumerses sujets à l’esclavage, et en recevait des éloges pour sa dou-ceur, pendant qu’il exerçait sa tyrannie et son despotismeavec la plus grande violence, mais toujours sous les appa-rences de la justice.
L’infâme Caligula succède à Tibère . Ce prince, pour insul-ter le sénat, voulut donner les honneurs du consulat à soncheval : il fit bâtir un temple qu’il se dédia solennellement,et dans lequel il faisait immoler des paons, des poulets deNumidie , et tous les oiseaux qui étaient rares par leur plu-mage. Sa cruauté fut plus grande encore que ses autres vices :dans les Césars de l’empereur Julien, il est traité de bêle fa-rouche. Ce monstre avait avancé la mort de Tibère , poussépar l’ambition et par l’impatience de régner, afin de se plon-ger impunément dans les excès les plus horribles. Cruelmême dans les bras de ses maîtresses, il menaçait Césonia,dans les plus violents accès de sa passion, « d’employer les» tortures pour apprendre d’elle par quels artifices elle se» faisait toujours aimer avec autant d’ardeur. »
Caligula réunissait en sa personne les vices de tous leshommes et n’en avait aucune des vertus ! mais il est plus fa-cile de se faire une idée des malheurs d’un tel règne que deles décrire. Enfin il fut tué par Cassius, surnommé Cherée,capitaine de ses gardes, et chef d’une conjuration qui se formacontre sa vie. Tout le peuple romain applaudit à la mort del’empereur, et témoigna sa joie par des fêtes et des réjouis-sances. Ce prince avait été si lâchement servile pour Tibère ,