[II. S.]
CRIMES DES EMPEREURS.
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sous son gouvernement. Dans ses orgies, Commode, vêtu d’ha-bits de femme, faisait amener des gladiateurs qu’il égorgeait im-pitoyablement, et sur leurs cadavres il se livrait avec ses cour-tisans aux plus exécrables voluptés. Doué d’une force her-culéenne, il combattit lui-même dans l’amphithéâtre septcent trente-cinq fois, rapporta de ses combats jusqu’à millepalmes, et se vanta d’avoir tué douze mille hommes de samain gauche. Enfin, après un règne trop long, Marcia, lapremière de ses concubines, lui versa un breuvage empoi-sonné, et comme il rejetait le poison qu’il avait pris, elle lefit étouffer par un athlète nommé Narcisse.
Après la mort de l’infâme Commode, le sénat choisit,comme le plus digne de l’empire, Publius Ilelvius Pertinax,sorti du rang des plébéiens. Le nouvel empereur donna sessoins à maintenir les privilèges du sénat; il punit les déla-teurs ; il proscrivit les bouffons de Commode, et fit des rè-glements utiles pour le bonheur des citoyens. Mais voulantretenir les troupes dans leur devoir, et remédier aux désor-dres de la milice, il fut assassiné par les soldats. Ces misé-rables lui coupèrent la tête ; et l’ayant portée dans le camp,ils montèrent sur le rempart de la ville, en criant que l’em-pire était à vendre.
Sulpicien, beau-père de Pertinax , voulut l’acheter : P. Di-dius Salvius Julien, qui était plus riche que lui, en offritdavantage, et promit six cents écus à chaque soldat; maisil ne put les payer. Sévère ayant ensuite pénétré en Italie , àla tête de l’armée de Hongrie , le sénat déclara Julien parri-cide et usurpateur, et le fit massacrer.