HISTOIRE DES PAPES.
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[II. S.]
d’un blond doré. Les Romains prétendaient qu’il était filsde Faustine et d’un gladiateur.
Ce monstre cachait sous des dehors séduisants la cruautéla plus effroyable : dès l’àge de douze ans il fit jeter dans unefournaise ardente le maître des bains publics, parce qu’il luiavait versé de l’eau trop chaude. Devenu empereur, il ordonnaqu’on lui rendît de son vivant les honneurs divins. Ses pa-lais renfermaient trois cents garçons et trois cents jeunes fillesdestinés à ses honteuses voluptés.
Sous son règne, les Maures, les Daces, les Pannoniens ,les Germains et les peuples de la Grande-Bretagne furentdomptés par ses généraux : et pendant que les peuples s’é-gorgeaient pour la gloire du souverain, Commode enchéris-sait sur les cruautés de Domitien et de Caligula , et surpassaitNéron en débauches infâmes.
Les plus fidèles ministres du dernier règne furent mas-sacrés par ses ordres * et les plus vénérables sénateurs de-vinrent ses victimes. 11 condamna à être livré aux bêtes féro-ces dans le cirque, un malheureux qui était accusé d’avoirlu la vie de Caligula écrite par Suétone ! Dans ses prome-nades, lorsqu’il rencontrait des citoyens avec un gros ventre,il les faisait fendre par la moitié d’un seul coup, et prenaitplaisir à voir leurs entrailles qui s’échappaient par cette plaiebéante : ce qui a fait dire à l’un de nos plus illustres écri-vains, que les chanoines de nos jours, si gros et si gras, n’au-raient pu éviter la mort, sous un tel prince, qu’en observantà la rigueur les jeûnes prescrits par leurs règles.
Ce cruel empereur n’épargna ni sa femme Crispine ni sasœur Lucile; les chrétiens seuls jouirent de quelque repos