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duit devant le tribunal du gouverneur ; mais loin de se ré-tracter, il eut le courage de l’appeler « infâme, serpent té-» nébreux, et homme vieilli dans le crime. » Un langageaussi énergique dans la bouche d’un nouveau chrétien de-vait attirer à cet étranger un affreux châtiment, et Bonifacefut condamné à avoir la tête tranchée par le bourreau.
» Le lendemain ses compagnons le cherchaient dans toutela ville, et ne le trouvant point, ils se disaient : « Notre in-» tendant est au cabaret ou dans un lupanar à se réjouir,» tandis que nous nous tourmentons à le chercher. » En dis-cutant ainsi, ils rencontrèrent le frère du geôlier, et lui de-mandèrent où ils pourraient s’adresser pour avoir des ren-seignements sur un étranger venu de Rome . Cet homme leurrépondit : « Hier, un Italien a été martyrisé pour Jésus-Christ,» et on lui a tranché la tête dans l’arène. — Celui que nous» cherchons est un homme épais, blond, qui porte un man-» teau d’écarlate, un ivrogne et un débauché, qui n’a rien de» commun avec le martyre. » Ils le suivirent cependant, etle geôlier leur montra le cadavre de Boniface ; ensuite il pritla tête du martyr et la leur présenta : aussitôt la bouche dumort se mit à rire, par la vertu du Saint-Esprit. Alors sesamis pleurèrent amèrement sur sa fin malheureuse, et ils em-portèrent le corps avec eux.
» Le jour même, un ange était apparu à Aglaé, et lui avaitdit : « Celui qui était votre esclave est à présent notre frère ;» recevez-le comme votre seigneur, et le placez dignement,» car tous vos péchés vous seront remis par son interces-» sion. » Aglaé transforma aussitôt son palais en oratoire, ets’enfermant avec de saints prêtres, elle se prépara, par des