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tion, s’opposèrent à son ordination : ces prêtres indignesespérant se partager ces dépouilles opirnes, avaient élevé autelcontre autel.
Botrus et Galensius, irrités de n’avoir pas été choisis pouroccuper le siège, se joignirent à eux, et entraînèrent dansleur parti une dame d’une naissance illustre, nommée Lu-cilla. Les femmes donnent toujours une grande impulsion àtous les complots qui se forment dans l’Eglise ou dans letat :Lucilla était riche, belle, entourée de nombreux amis; de-puis longtemps sa conduite avait jeté le scandale dans l’É-glise ; cette femme voulait surtout se venger de Cécilien , quilui avait reproché en pleine assemblée sa légèreté et ses vices.
Les trois partis réunis formèrent une faction puissante, quise déclara contre Cécilien , et refusa de communiquer avec lui.
Soixante-et-dix évêques secondèrent leur coupable dessein :s’étant assemblés en concile à Carthage , ils condamnèrentCélicien : parce qu’il avait refusé de comparaître devant euxpour se justifier ; parce qu’il avait été ordonné par des traî-tres; enfin pour avoir empêché les fidèles de porter de lanourriture aux martyrs qui étaient en prison, pendant ladernière persécution.
Après cette décision, les pères regardant le siège deCarthage comme vacant, procédèrent à une nouvelle élec-tion, et ordonnèrent un nommé Majorin, domestique de Lu-cilla , qui avait été lecteur dans la diaconie de. Cécilien .
Telle fut l’origine du schisme des donatistes en Afrique :on leur donna ce nom à cause de Donat des Cases-Noires,et d’un autre Donat plus fameux, qui succéda à Majorin dansle titre d’évêque de Carthage .