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HISTOIRE DE DAMASE.

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Testament, et qu’il en expliquait les passages les plus licen-cieux par de chastes allégories : il admettait avec les livrescanoniques plusieurs ouvrages apocryphes ; il défendait auxdisciples de manger ce qui avait eu vie, comme étant une nour-riture immonde ; et en haine de la génération, il anathémati-sait les mariages, prétendant que la chair n’était pas l’ou-vrage de Dieu , mais des mauvais anges.

Dans cette religion, les hommes et les femmes s’assem-blaient la nuit, et priaient entièrement nus pour mortifierleur corps. La maxime de Priscillien était : « Jurez, parjurez-» vous, mais ne découvrez point les mystères ; » aussi leursennemis ne pouvant les convaincre de crimes réels, se ser-virent contre eux de cette formule d’initiation, et les accu-sèrent de commettre les plus horribles impuretés, de se ser-vir des hommes et des enfants pour leurs débauches, d’ou-trager la nature, même avec leurs femmes. Les catholiquesaffirmaient que leurs prêtres, en haine du mariage, arra-chaient des entrailles des femmes enceintes les fœtus à demiformés, et les pilaient au milieu de l’église dans des mortiersde fer.

Les priscillianistes jeûnaient les dimanches, les temps dePâques et de Noël , et se cachaient pour ne point se trouverà l'église. Cette hérésie avait déjà infecté l’Espagne et atteintun grand nombre d’évêques, entre autres Justantius et Sal-vien, qui formèrent un parti pour la soutenir : mais aprèsplusieurs années de luttes, les orthodoxes, soutenus par leprince, convoquèrent un concile à Saragosse , où elle fut con-damnée en l’absence de ses adeptes.

Dans le même temps eut lieu, par les ordres de Gratien,