HISTOIRE DES PAPES.
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venu en Espagne prêcher ses dogmes impies; et son élo-quence avait entraîné dans le schisme le rhéteur Elpidius etune femme de grande naissance appelée Agape. La nouvelleconvertie, par l’influence de son rang, de sa fortune et de sabeauté, attira un grand nombre de sectaires, et parmi eux lenoble et célèbre Priscillien , dont la secte prit le nom. Issud’une des premières familles de l’état, bien fait de sa per-sonne, éloquent, instruit, ardent, sobre, désintéressé, Pris-cillien avait toutes les qualités d’un réformateur, et son éner-gie le rendait capable de supporter les persécutions qui danstous les états sont la récompense des apôtres des peuples.
Sa doctrine fut embrassée par une multitude nombreusedans la noblesse et dans l’armée; les femmes surtout, avi-des de nouveautés et chancelantes dans leur foi, accouraienten foule autour de lui. Priscillien enseignait les erreurs desmanichéens et des gnostiques ; il affirmait que les âmes étaientdes parcelles de l’essence de Dieu même; qu’elles descen-daient volontairement sur la terre, en traversant l’immensitédes cieux et tous les degrés de principautés ; et que le grandarchitecte de l’univers les plaçait dans différents corps pourcombattre le mauvais principe. D’après lui, les hommes étaientattachés à diverses étoiles fatales, et leurs corps dépendaientdes douze signes du zodiaque : le bélier gouvernait la tête ; letaureau, le cou; les gémeaux, les épaules; enfin il rappelaittoutes les rêveries des astrologues. Ne reconnaissant pas laTrinité, il prétendait, avec Sabellius , que le Père, le Fils etle Saint-Esprit étaient le même Dieu sans aucune distinctionréelle des personnes. Ses dogmes différaient de ceux des ma-nichéens, en ce qu’il ne rejetait pas ouvertement l’Ancien