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HISTOIRE DES PAPES.
[IV. S.]
enfin il s’aperçut que ses excès l’avaient rendu l’objet de lahaine publique, et il résolut d’abdiquer le pouvoir, crai-gnant que la soumission apparente de Constantin et de Ga-lérius ne fût impuissante pour le soustraire à la mort vio-lente dont il était menacé par le peuple, qui voulait punir sesamours monstrueux avec Maxence et Maximin.
Les remords de sa conscience l’obligèrent à quitter l’em-pire, et il chercha dans la retraite un repos dont il avaitété privé dans les soins du gouvernement. Malgré sa con-duite tyrannique, ce prince exprimait quelquefois de beauxsentiments, et il disait avec raison : « Que rien n’est plus» difficile que de bien régner, parce que les ministres dont» se servent les princes ne sont d’accord que pour les trahir;» qu’ils leur cachent ou leur déguisent la vérité, la première» chose qu’ils devraient connaître, et que par leurs flatteries)) ils trompent et vendent les souverains qui les payent pour» recevoir de sages conseils! »
Yalère Maximien, successeur de Dioclétien , abdiqua l’em-pire à son exemple, après un règne de dix-huit ans; mais ilse repentit bientôt de cette démarche, comprenant qu’unsolitaire et un philosophe avaient moins de puissance qu’unempereur ; il abandonna sa retraite et revint à Rome , sousprétexte d’aider de ses conseils Maxence , son fils. Les tempsétaient changés : le vieil empereur s’apercevant qu’on avaitpénétré son dessein de ressaisir le pouvoir, passa dans lesGaules, où se trouvait Constantin son gendre : il formaune conspiration qui fut découverte par sa propre fille Fla-via Maxima, et il prit la fuite pour éviter le châtiment de saperfidie. Constantin envoya à sa poursuite des émissaires qui