{IV. S.)
CRIMES DES EMPEREURS
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vaincu par les troupes de son beau-frère, qui le fit massacrer.
Licinius était fils d’un paysan du pays des Daces : par savaleur il s’était peu à peu élevé dans l’armée jusqu’aux pre-mières dignités, et avait été créé césar par l’empereur Galé-rius. Mais devenu prince, il se montra avare, emporté,intempérant, impudique, comme si le rang suprême devaitdonner tous les vices en même temps que le pouvoir de les sa-tisfaire. D’une ignorance extrême, il appelait les gens delettres « un poison, une peste publique, » et il les faisaitmourir, sans qu’ils fussent coupables d’aucun crime.
Après la défaite et la mort de cet homme brutal, Constan tin jouit paisiblement de l’autorité souveraine. Ce prince avaitun port majestueux et l’âme grande; il était brave, hardi,prévoyant dans ses entreprises; mais il joignait de grandsvices à toutes ces belles qualités. Notre dessein n’est pasd’entrer dans les détails d’une vie aussi illustre, et nousferons seulement remarquer la partialité des amis ou des en-nemis du premier monarque chrétien : les uns lui ont donnédes éloges outrés, les autres ont chargé sa mémoire de tousles crimes. L’envie et la haine ont fourni à Julien l’Apostat lescouleurs qu’il a employées pour faire son portrait ; et les pèresde l’Église ont souvent donné des louanges excessives à ceprince, parce qu’il s’était déclaré le protecteur de la re-ligion.
Constantin méritait véritablement le surnom de Grand, àprendre cette épithète dans toute son étendue : quelle pru-dence ne fallait-il pas pour échapper aux écueils qu’il ren-contra sur la route de l’empire! quelle intrépidité, pour af-fronter les périls les plus effrayants ! quelle valeur, pour