Band 
I.
Seite
309
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE SIXTE III .

309

[ 438 .]

Placidie sa mère, proscrivirent Bassus et confisquèrent tousses biens au profit de l’Église.

Trois mois après la sentence, le prêtre mourut empoi-sonné!... Les historiens ajoutent que le pontife, se couvrantdu voile hypocrite de la religion, l’assista lui-même pendantsa maladie, lui fit administrer le saint viatique, et voulutl’ensevelir de ses mains après sa mort, pour cacher l’horriblecadavre défiguré par le poison. Les prêtres affirment au con-traire que Sixte sortit de cette accusation pur comme l’orde la fournaise, et quelle servit à augmenter l’opinion favo-rable que les peuples avaient de la sainteté du pontife.

L’histoire de l’Église laisse un vide de quelques annéesdans le récit des actions de Sixte, et nous ne pouvons en-treprendre de les tirer du profond oubli où elles sont en-sevelies : nous savons seulement qu’il soutint la juridictionde son siège sur l’Illyrie , et qu’il confirma ensuite le jugementd’Idduus, condamné par Proclus . A cette époque, les évêquesd’Asie refusaient de reconnaître la juridiction du patriarchede Constantinople, ou plutôt les prêtres prévaricateurs, con-naissant l’ambition des papes, déclinaient le jugement deleurs supérieurs légitimes, pour évoquer leurs causes à Rome ,où l’on recevait favorablement les plaintes même les plus in-justes, pourvu qu’elles favorisassent la politique d’usurpa-tion suivie par le saint-siège.

Julien d’Éclane, ce fameux défenseur de Pélage , fatiguédes persécutions que lui suscitait constamment la haine desprêtres d’Orient, vint faire sa soumission auprès du pontife,et demanda à remonter sur son siège. Mais Sixte, d’après lesavis de l’archidiacre Léon, le personnage le plus important