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HISTOIRE DES PAPES.
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sommé le crime, l’emportèrent dans l’église du couvent deSaint-Étienne et Saint-Sylvestre , dont ils fermèrent les portes;et là, dans le sanctuaire même, sur les marches de l’autel, cesmonstres s’efforcèrent de lui arracher les yeux et la langue,le déchirant avec leurs ongles et avec leurs dents ; enfin ils lejetèrent tout sanglant dans le cachot du monastère. Léon• resta deux jours entiers sans secours étendu sur les dalles desa prison; enfin l’abbé Érasme , l’un des conjurés, descenditavec des moines pour mettre le cadavre dans un cercueil ;comme la victime respirait encore, il la fit transporter dansun autre couvent pour qu’on ne pût découvrir sa retraite,en attendant que ses complices eussent pris une nouvellerésolution.
Pendant la nuit, Albin, camérier du pape, instruit parun religieux de l’endroit où le saint-père était enfermé,pénétra dans son cachot avec quelques serviteurs dévoués,et l’ayant enlevé, ils le descendirent par les murailles de laville et l’emportèrent à Saint-Pierre, où des médecins luiprodiguèrent tous les soins que réclamait son malheureuxétat. Le pontife conserva l’usage des yeux et de la langue, cequi a fait affirmer par quelques auteurs qu’il fut guéri par ungrand miracle. Mais Léon lui-même, dans le récit qu’il alaissé de celte horrible aventure, explique que dans leur pré-cipitation les meurtriers n’avaient coupé qu’une partie de lalangue, et avaient seulement crevé les yeux sans les arra-cher de leurs orbites.
Albin informa le duc de Spolette de cet horrible attentat,et le supplia de venir à Home avec des soldats pour pro-téger le pape et lui faciliter les moyens de passer en