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HISTOIRE DES PAPES.
[ 1185 .]
(l’Arnaud, grand maître des templiers, et de Roger, grandmaître des hospitaliers, que le métropolitain de Ravenne exposa au concile de Vérone le triste état de l’Église d’Orient,et supplia Lucius de permettre que les chrétiens d’Occident vinssent au secours de la terre sainte. Le pape se montratrès-favorablement disposé pour les ambassadeurs ; malheu-reusement il n’en fut pas de même des rois : ceux-ci mon-trèrent fort peu d’enthousiasme, et firent répondre à la courde Rome que le bien de leurs royaumes les empêchait des’engager dans une entreprise aussi périlleuse et aussi longuequ’une croisade en Palestine. En effet, presque tous avaientdes guerres à soutenir : Frédéric Barberousse s’occupait derétablir son autorité en Italie ; Guillaume, roi de Sicile , re-poussait les tentatives d’invasion d’Andronic Comnène , empe-reur de Constantinople ; Philippe II , roi de France , guerroyaitavec les grands vassaux de la couronne; Henri II , roi d’Angle-terre , était également retenu dans ses états par les révoltesincessantes des provinces françaises , qui voulaient se dé-tacher de son autorité.
Iléraclius voyant le mauvais succès de ses négociations,voulut tenter un dernier effort, et se rendit lui-même à Paris ,où il fut accueilli avec une grande distinct ion par le roi etpar les jeunes seigneurs de la cour de France; tous témoi-gnèrent au patriarche le désir de se rendre à Jérusalem ; maisla partie sage des prélats et des nobles se rassembla enconseil et décida que le souverain, qui n’avait pas encorevingt ans, ne pouvait diriger la croisade, et devait resterdans ses états. Philippe promit alors aux ambassadeursd’Orient de faire prêcher la guerre sainte dans son royaume,