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HISTOIRE DES PAPES.
[XIV. S.]
Édouard, prince de Galles, surnommé le prince Noir, aprèsavoir mis à feu et à sang l’Auvergne et la province du Li mousin , avait poussé jusqu’en Poitou, lorsque enfin l’immi-nence du danger obligea le roi à suspendre la guerre contrela Navarre, pour défendre ses propres domaines. Une arméede quatre-vingt mille hommes fut levée à la hâte : Jean enprit le commandement, marcha contre les Anglais , qu’ilatteignit à deux lieues de Poitiers , dans une vaste plaineplantée de vignes. Édouard n’avait alors avec lui que huitmille soldats, qui se trouvaient serrés de tous côtés parl’armée française ; comme il ne lui restait pas même l’espoird’échapper à ses ennemis par une retraite, il envoya offrir auroi de France de lui rendre toutes les places et les châteauxqui étaient en son pouvoir, de signer une trêve de sept ans,et de payer les frais de la guerre ; ne demandant en échangeque la permission de se retirer avec armes et bagages.
Jean, dans l’enivrement d’un triomphe qu’il regardaitcomme assuré, refusa ces conditions, et répondit qu’il vou-lait avoir l’honneur de vaincre celui qui passait pour le plushabile capitaine de son temps. La bataille eut lieu entre lesFrançais et les Anglais ; et les désastres de cette journée, aprèscinq siècles écoulés, sont restés dans l’histoire comme unmonument de honte que la royauté a légué à la France !Quatre-vingt mille Français furent taillés en pièces par huitmille Anglais ! Jean lui-même et Philippe, son quatrième fils,furent pris par le vainqueur et conduits à Londres .
Cette captivité du roi et la régence de Charles, son fils aîné,occupent une grande place dans nos chroniques par le récitdes calamités qui en furent les tristes conséquences. Le roi