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HISTOIRE DES PAPES.
[XIV. S.]
loyauté, car, dès qu’il fut roi, il rompit sans motif les traitésfaits avec les Anglais , et recommença la guerre pour recon-quérir les places qui leur avaient été abandonnées ; il ne mé-rita pas davantage le titre de sage par ses lumières et par laforce de son esprit, car il était plus ignorant et plus super-stitieux qu’aucun de ses sujets. Sans cesse entouré de magi-ciens, d’astrologues ou de sorcières, Charles V ne faisaitpas un traité ni la plus simple démarche qu’il n’eût aupa-ravant consulté ses devins pour connaître les arrêts du ciel :son seul mérite est d’avoir laissé le commandement de sesarmées au connétable du Guesclin et à l’amiral Jean de Vienne , dont les exploits illustrèrent son règne et firentoublier la lâcheté du monarque.
A la couardise, Charles V joignait la cruauté, ainsi qu’ilparaît par le récit des atrocités qui lurent commises dans laville de Montpellier , cité jusqu’alors indépendante et quiavait eu le malheur de passer sous sa domination. Commele peuple s’était soulevé contre les agents du fisc, et refusaitde payer les impôts qui avaient été doublés, le bon roi s’enémut et chargea le duc de Berry, son frère, et une armée/ composée de compagnies franches, de mettre ses sujets à laraison. A l’approche de ces bandes de pillards, les malheu-reux insurgés furent saisis de terreur; ils déposèrent im-médiatement les armes, et envoyèrent les clefs de la villeavec une députation des principaux habitants, la corde aucou, pieds nus, les vêtements déchirés, la tête couverte decendres, et accompagnés des gens d’église portant les ban-nières et la croix. Le frère du roi reçut les clefs, poursuivitsa route et fit son entrée dans Montpellier : les rues étaient