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rent, ne mit plus de bornes à sa fureur guerrière. Quoiqu’onfût au milieu de l’hiver, il vint prendre le commandementde son armée, qui avait commencé ses opérations contre leduc de Ferrare ; lui-même mit le siège devant la Mirandole,pressa les travaux, excita lé zèle des soldats par la promessedu sac de la ville, endossa la cuirasse et visita les batteries,armé de pied en cap, la dague au poing, sans s’inquiéter duscandale qui résultait de cette conduite. « 11 délaissa la chaire» apostolique, dit Guicciardini , pour montrer dans la tran-» chée sa triple couronne persique, pour dormir en échau-» guette et pour chevaucher à travers champs comme le plus» acharné des bretteurs. » Après avoir battu la ville en brècheavec son artillerie, il donna le signal d’un assaut général, etlui-même monta sur les remparts, afin de jouir du spectaclede femmes violées, d’enfants et de vieillards égorgés, enfinde toutes les horreurs qui ont lieu d’ordinaire dans les citésoù pénètrent des soldats.
Pendant que sa Sainteté dirigeait en personne les opéra-tions de ses troupes contre les alliés de la France , elle con-tinuait à intriguer en Allemagne et en Espagne , pour souleverces puissances contre Louis XII ; et sachant combien Fer-dinand le Catholique désirait l’investiture du royaume de Naples , elle lui proposa de la lui accorder aux conditions quiavaient été consenties par les Aragonais, en ajoutant seule-ment au traité que les rois de Castille tiendraient ti’oiscents hommes d’armes à la disposition du saint-siège, pourservir l’Eglise à la première réquisition qui leur seraitfaite par les souverains pontifes. L’intention de Jules étaitd’employer immédiatement ces troupes contre les Fran-