[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 7
geux ministre fut arrêté dans le palais même de son souve-rain et conduit sous escorte dans une place forte du Tyrol.Après ce coup d’autorité, l’archiduc se rendit auprès duvieux Mathias, que la goutte retenait dans son lit, et lui af-firma audacieusement qu’il venait de sauver la maison d’Au triche de sa ruine, en punissant Ivlesel. L’empereur n’osapas proférer une seule plainte; il baissa la tête, se rappelasans doute sa propre conduite envers son frère, et dévoracet affront.
Ferdinand prit immédiatement le commandement destroupes autrichiennes, et se dirigea vers la Bohême pour ré-primer la rébellion. Cette première campagne ne fut pasheureuse; ses troupes furent vaincues dans trois rencontres,et le prince se trouva obligé de venir supplier Mathias deconvoquer les états de l’archiduché, afin d’en obtenir dessecours d’hommes et d’argent. Le vieil empereur fit ce qu’onlai demandait; il n’en fut pas de même des députés; les Au-trichiens refusèrent les subsides, en déclarant qu’ils ne vou-laient pas supporter les charges d’une guerre entreprise sansleur consentement; les membres des états catholiques del’empire, qui redoutaient les horreurs de la guerre civile,firent la même réponse, et s’unirent aux protestants pourdemander à l’empereur qu’il suspendît les hostilités, et qu’ilouvrît des négociations avec les insurgés. Un congrès quidevait procéder aux déterminations à prendre dans l'intérêtde la paix, fut assemblé à Égra, malgré l’opposition de Fer-dinand; mais au moment où les partis se montraient disposésà un arrangement, Mathias fut atteint d’une fièvre qui l’em-porta le 20 mars 1G19. 11 mourut en donnant, dit-on, les