s
HISTOIRE DES PAPES,
[XVII. S.]
marques du plus profond repentir de sa conduite envers sonfrère Rodolphe, et en déplorant amèrement les malheursque son ambition dynastique avait préparés à l’Europe .
11 avait prévu ce qui devait arriver, que la couronne impé-riale allait échoir à Ferdinand, prince perfide, ambitieux,fanatique et cruel. En effet, les funérailles de Mathias étaientà peine achevées, que Ferdinand avait déjà gagné à sa causeles électeurs, et qu’il se faisait élire empereur d’Allemagne .Son couronnement eut lieu le 29 août 1619, malgré les en-nemis nombreux de la maison d’Autriche , parmi lesquelson distinguait Frédéric Y, électeur palatin de la branche deSimmern , et gendre de Jacques I er , roi d’Angleterre, parson mariage avec la princesse Élisabeth. Ce prince était d’au-tant plus redoutable pour le nouvel empereur, qu’indépen-dammenl de ce qu’il était le chef des réformés, il venaitd’être choisi pour roi par les états de Bohême.
Frédéric hésitait néanmoins à accepter la couronne, dansla prévision des désastres qu’il allait attirer sur ses peuples;mais sa femme, qui était séduite par l’éclat d’un diadème etqui ne voulait pas que le rang de son époux fût moindre quecelui de son père, le contraignit à signer l’acte d’élection quilui conférait la souveraineté de la Bohême, et à venir s’in-staller dans la ville de Prague .
Dès que Ferdinand eut connaissance de l’entrée de Fré-déric dans la capitale de la Bohême, il forma un traité d’aA-liance avec l’Espagne , et négocia avec la Saxe et les diffé-rents états de la ligue allemande , pendant que Maximiliende Bavière, son fils aîné, envahissait le pays ennemi à la têted’une armée formidable et chassait Frédéric de son nouveau