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IX.
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[XVII.S.] CRIMES DES ROIS, DES REINES ET DES EMPEREURS. 13

sur l’Allemagne , renversant tout sur son passage, dispersantles armées catholiques comme un vent impétueux eût Fait descollines de sable, et promenant ses étendards victorieux surtoutes les contrées où naguère les catholiques avaient élevédes trophées. Alors Ferdinand n’ayant personne à opposerà son redoutable adversaire, rappela Wallenstein à sa cour,s’humilia devant lui, reconnut publiquement qu’il avait payéde loyaux services par une coupable ingratitude; puis, afin deréparer ses fautes, il lui augmenta ses pensions, ajouta de nou-velles seigneuries à ses domaines, et le combla d’honneurset de distinctions. Le général de la Baltique , se montrantsatisfait de l’humiliation de son souverain, consentit à prendrele commandement de l’armée, et marcha contre les Suédois.Gustave-Adolphe et Wallenstein se rencontrèrent dans lesplaines de Lutzen , et livrèrent une bataille terrible dans la-quelle le roi de Suède succomba victime de la trahison.

Néanmoins la mort de ce grand prince n’abattit pas lesprotestants; ce fut inutilement que l’empereur entama desnégociations pour rompre la ligue des électeurs luthériens ;tous restèrent unis pour résister à l’ennemi commun : lesgénéraux du grand Gustave, Bannier, Torstenson, Weimar ,Wrangel, Ilorn, soutinrent l’ascendant du parti par leursarmes, et le chancelier de Suède , Oxenstiern, se fit recon-naître le chef de la ligue des réformés.

Ferdinand expédia aussitôt à Wallenstein l’ordre d’entreren Suède et de pousser vigoureusement la guerre ; maiscelui-ci, qui depuis longtemps songeait à trahir l’empereur,et voulait à tout prix être roi, crut le moment venu de mettreson projet à exécution ; au lieu de marcher contre les réfor-