Band 
IX.
Seite
14
JPEG-Download
 

14

HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S.]

niés, il ouvrit des relations avec eux, sollicita leur appuipour l’usurpation de la couronne de Bohême qu’il méditait;et en échange de leur intervention, il promit de rappeler lesexilés, de rendre aux ministres protestants les biens confis-qués, de rétablir la liberté des cultes, de réintégrer le comtepalatin dans ses étals, et de forcer Ferdinand à proposer lapaix en allant l’attaquer jusque dans sa capitale de Vienne .En outre, il négocia avec la cour de France, par l’entremisede l’ambassadeur Feuquières, qui était chargé de lui compterjusqu'à cinq cent mille écus, et de lui promettre un millionpar an, sous la condition qu’il servirait la politique de Riche-lieu, alors premier ministre de Louis XIII .

Les choses étaient dans la situation la plus favorable pourWallenstein , et il semblait qu’il n’eût plus qu’à étendre lamain pour saisir la couronne de Bohême, lorsque sa préci-pitation gâta tout. Il commit la faute de s’ouvrir de ses pro-jets au général Piccolomini, un des espions de Ferdinand,de lui développer ses plans et de lui livrer tous les secretsde sa correspondance avec les ennemis de l’empire. Ensuiteil réunit les officiers de son armée dans un banquet, et aprèsque l’ivresse eut exalté toutes les têtes, il fit un discours ap-proprié à la circonstance, parla de l’ingratitude du souverainpour lui comme pour ses compagnons d’armes, s’étendit surla nécessité de savoir se faire rendre justice lorsque la for-tune en fournissait l’occasion, et termina sa harangue enleur annonçant que les astrologues lui ayant prédit qu’il seraitroi de Bohême, il venait leur demander leur loyal concourspour accomplir sa destinée, et en échange leur offrir ri-chesses, honneurs et dignités. Tous répondirent par des ac-