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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S]
Un jour donc, les capitaines Lesley, Butller, Gordon etDeveroux, les deux premiers Irlandais et les deux autresÉcossais, invitèrent à un souper ceux de leurs camarades*qui 'étaient sincèrement attachés à Wallenstein, les eni vrèrent etles firent égorger par les dragons irlandais de Butller; en-suite le capitaine Deveroux se dirigea vers l’appartement dugénéral, accompagné de six hallebardiers, et entra dans sachambre à coucher au moment où Wallenstein se levait deson lit pour s’informer de.la cause du bruit qu’il entendait.Deveroux lui cria en l’apercevant : « Es-tu ce scélérat qui» veut livrer à l’ennemi l’armée de notre magnanime empe-» reur et arracher la couronne à sa majesté? — Meurs! » Eten même temps il lui traversa la poitrine d’un coup de per-tuisane. Wallenstein tomba sur ses genoux, étendit les brascomme pour demander du secours, mais sans pouvoir-pro-férer une seule parole, et rendit le dernier soupir; il avaitalors cinquante-deux ans. Son fds et ceux de ses partisans "qui avaient échappé au premier massacre furent arrêtés etexécutés sur l’heure. Cette sanglante expédition terminée,les quatre assassins Butller, Deveroux, Lesley et Gordonvinrent à la cour de Ferdinand recevoir la récompense quileur avait été promise ; ensuite l’empereur, par un remords deconscience assez bizarre, fit dire trois mille messes pour lerepos de l ame de Wallenstein et de ses complices.
Immédiatement après, le fils de l’empereur, le jeune Fer-dinand, roi de Hongrie et de Bohême, prit le commandementgénéral des armées autrichiennes, ce qui changea le carac-tère de la guerre. Dans la même année, la victoire de Norcl-lingue releva les affaires de l’Autriche , força la Saxe à con-