[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 17
dure la paix, et mit les Suédois dans l’impossibilité de conti-nuer la lutte avec leurs propres forces. Ce fut alors qu’inter-vint la France , qui depuis longtemps nourrissait l’espoird’agrandir son territoire-aux dépens de l’Espagne et de l’Au triche , et la guerre se ranima avec une énergie extraordinaire.
L’empereur, soit dépit de voir ses projets de dominationgravement compromis, soit par suite des débauches de savie, fut pris d’une maladie de langueur que les médecinsdéclarèrent mortelle. Il se hâta de faire reconnaître roi desRomains son fils Ferdinand-Ernest, pour lui assurer lesmoyens de lui succéder dans la dignité d’empereur. Enfin,peu de jours après, le 25 février 1657, l’Allemagne futdélivrée de ce despote fanatique, qui avait couvert de ruineset de désastres toutes les provinces de l’AutrTche, de la Saxe ,de la Bavière , de la Bohême et de la Hongrie pendant dix-huit années entières.
Ferdinand III fut proclamé chef de l’empire par les élec-teurs; mais comme l’intérêt des souverains étrangers exigeaitl’abaissement de la maison d’Autriche , le duc Bernard de Saxe-Weimar , qui commandait les armées protestantes, serendit à Paris , et signa avec Richelieu un traité par lequelil s’engageait, moyennant une certaine somme donnée à titrede subsides de guerre, à envahir la Franche-Comté , qui ap-partenait au cluc Charles de Lorraine , à paraître au delà duRhin et à ramener le théâtre des hostilités au cœur de l’em-pire. Ainsi la guerre continua avec diverses alternatives derevers et de succès entre les impériaux et les luthériens;enfin le duc de Saxe-Weimar vint à bout de fixer la victoire
sous ses drapeaux; il tailla en pièces les troupes du généralix. 3