[XVII.S.] CLUMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 19
dans ses quartiers d’hiver. Quoique sa majesté eût échappéau danger, elle comprit que* ce général suédois était aussi àcraindre que l’infortuné duc de Saxe-Weimar , et elle prit sesmesures pour ne pas le laisser à la tète des protestants;quatre mois après cette affaire, Bannier, l’ancien élève deGustave-Adolphe , mourait empoisonné.
Ce triste événement produisit une sorte de découragementparmi les Suédois, et l’émpereur en profita pour entamer desnégociations avec le cardinal de Richelieu afin de mettre unterme à la guerre. Le ministre français étant mort dans l’in-tervalle, Ferdinand se crut délivré de son plus terrible en-nemi ; et au lieu de presser la conclusion du traité, il donnaordre à ses mandataires de traîner les choses en longueur,pour qu’il put faire une dernière tentative contre les protes-tants. Mal lui en prit d’agir ainsi, car le cardinal Mazarin, lesuccesseur de Richelieu, se montrait trop fidèle à suivre sesplans politiques pour laisser prendre lés devants à un ennemi.Pendant que les plénipotentiaires autrichiens cherchaient àendormir sa vigilance, il fomentait des troubles en Hongrie ,faisait passer des secours à Torslenson, général des Suédois,et envoyait le grand Condê sur les bords du Rhin avec unearmée nombreuse ; de sorte qu’au moment de la reprise deshostilités, les Français se trouvèrent prêts à entrer en cam-pagne. Condé détruisit l’armée autrichienne - espagnole àRocroy, passa le Rhin , remporta en quatre jours trois vic-toires éclatantes sur les impériaux, et s’empara de tout le paysdepuis Landau jusqu’à Mayence . Le général Torstenson battitégalement les troupes de Ferdinand III dans la Franconie , serendit maître de la Bohême, et poussa si vigoureusement sa