hk
HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
son gouvernement; elle entra en pourparlers avec lui, et enéchange de sa soumission elle lui assura une pension de deuxcent mille livres et la propriété du magnifique hôtel deGondi.
La régente affecta de changer tout le système politiquesuivi par Henri IV dans ses relations avec les puissancesétrangères; elle rechercha l’alliance de l’Espagne , rappelales troupes qui guerroyaient dans les Pays-Bas , et abandonnal’alliance des princes protestants. Pour la politique intérieureelle suivit les mômes errements, et sembla prendre plaisir àprodiguer les honneurs, les emplois et les richesses à ceuxqui s’étaient montrés les plus hostiles à son mari, et se dé-clara l’ennemie implacable des réformés. Avec une telle con-duite, la reine eut bientôt soulevé l’animadversion généraleau dedans comme au dehors. Les seigneurs de la cour for-mèrent une cabale puissante, à la tête de laquelle se trou-vaient César , duc de Vendôme; Alexandre, grand prieur deFrance , deux bâtards du roi défunt; Henri II de Condé etIlenri de Mayenne , les fils de l’ancien chef de la ligue; lesducs de Longueville, de Nevers , de Rohan, de la Trimouilleet le maréchal de Bouillon. Cette cabale avait pour but d’en-lever la régence à Marie de Médicis et le titre de premier mi-nistre à l’Italien Concino Concini .
Les protestants, de leur côté, se réunirent en armes, secantonnèrent dans les provinces du Midi et entrèrent enpleine révolte. Le maréchal d’Ancre, qui était assuré de lafaveur de Marie de Médicis , ne parut guère s’émouvoir decette levée de boucliers; il affecta même plus d’audace et plusd’insolence qu’auparavant; et sous prétexte de venger l’au-torité royale, il arma sept mille hommes à ses frais et les