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IX.
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[XVII. S.] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 33

enlever le gouvernement du royaume et de se défaire duministre. L’exécution de ces deux projets n’était pas sansdifficultés, car le roi et ses amis étaient constamment sur-veillés par les espions du maréchal, et si le coup venait àmanquer, ceux qui auraient trempé dans le complot étaientassurés d’être décapités.

Cependant Luynes ne recula pas devant le danger, etcomme il devait recueillir une partie de l’héritage de Concini ,il se chargea de la besogne. Le favori s’adjoignit un de sesfrères et un capitaine des gardes nommé l’Mopital-Vitry, ettous les trois décidèrent qu’ils attaqueraient le ministre dansla cour du Louvre, au moment où il sortirait de chez lareine mère. Une première tentative échoua par un malen-tendu; mais le 24 avril 1617, les mesures furent mieuxprises : Louis XIII , sous prétexte d’aller à la chasse, avaitfait monter à cheval son régiment des gardes, le seul dont ilpût disposer pour soutenir l’entreprise; Yitry se rendit auLouvre avec quelques gentilshommes qui portaient des pisto-lets sous leurs manteaux, et ils se postèrent sur le pont-levispour attendre le maréchal d’Ancre; celui-ci arriva, suivantson habitude, avec un nombreux cortège. Les conjurés lais-sèrent passer tout le monde; puis, lorsque Concini fut dansla cour, Yitry s’approcha de lui, porta la main sur son brasdroit pour l’arrêter, et tirant de son pourpoint un pistolet,il le lui déchargea dans la poitrine; en même temps un autregentilhomme nommé Perray lui déchargea un second pis-tolet, à bout portant, dans le côté gauche. L’infortuné maré-chal tomba roide mort du coup. Les conjurés firent retentirl’air des cris de « vive le roi ! » ordonnèrent qu’on fermât