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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
immédiatement les portes du Louvre et que la garde se ran-geât en bataille, Louis XIII parut alors à l’une des fenêtreset dit à haute voix : «Grand merci à vous, mes amis, à cette» heure je suis roi ! » Ainsi lut accompli un meurtre quebeaucoup de gens qualifièrent de parricide.
Le corps de l’amant de la reine Marie de Médicis , du vé-ritable père de Louis XIII , fut enveloppé dans un manteau,et vers minuit on alla l’enterrer dans l’église de Saint-Ger-main l’Auxerrois ; mais le lendemain le peuple se porta àl’église, et malgré la résistance du clergé, le cadavre futexhumé, traîné jusqu’au pont Neuf, et cloué à une potenceque le ministre avqit fait élever pour y pendre ceux qui par-laient contre lui ; ensuite on le déchira à coups de dague etd’épée, et les lambeaux sanglants furent jetés à la voirie.
Le parlement de Paris procéda également contre sa mé-moire ; les conseillers chargés de l’enquête constatèrent quele maréchal d’Ancre, au moment de sa mort, avait dans lespoches de son pourpoint une somme de près de deux millionsen billets de l’épargne, et dans sa maison plus de deux mil-lions vingt mille livres en argent monnayé; ils reconnurentqu’outre les revenus de sa charge., qui montaient à un'mil-lion delivres, il avait plus de vingt millions placés en France ,‘à Rome et à Florence; ils constatèrent qu’il avait mis en ré-serve une somme considérable pour l’acquisition du comtéde Montbéliard, où il voulait se retirer; toutes clîoses quiprouvaient d’une manière irrécusable quelles spoliationsavaient été exercées par le favori de la reine-mère.
Louis XIII ne s’en tint pas à la punition du coupable ; ilpoursuivit de sa haine la famille du maréchal d’Ancre, lit