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[XVII. S.j CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 57

ériger sa terre de Maillé, située à trois lieues de Tours , euduché-pairie sous le nom de Luvnes; et gouverna pourLouis le Juste avec tant dinsolence et.de despotisme, que leduc de Bouillon disait publiquement « quon navait pas» changé de taverne, mais seulement de bouchon; » voulantexpliquer quon navait pas gagné à la mort de lancienministre, et que le duc de Luynes ne valait pas mieux quele maréchal dAncre.

Un personnage encore fort obscur,Richelieu , évêque de Lu-çon, un des amants secrets de la reine mère, qui avait passéde la charge de secrétaire détat de la guerre et des affairesétrangères à celle des finances, saperçut bientôt quil deve-nait suspect au nouveau favori; et pour sortir du mauvais pas il se trouvait, il offrit au duc de Luynes de se retirer duconseil, il navait siégé que cinq mois, lui fit la confidencede ses relations intimes avec la reine mère * et sengagea àservir le roi en usant de son influence pour modérer les em-portements de Marie de Médicis et prévenir quelque écart,

Luynes accepta les propositions du prélat et lui donna lauto-risation de rester à Blois auprès de la reine ; mais il ne fut paslongtemps à reconnaître quil avait été la dupe de Richelieu,car il reçut de ses espions plusieurs avis qui le convainqui-rent des mauvaises intentions du rusé prélat à son égard ;il lui intima lordre de quitter Blois immédiatement et lexiladans son diocèse, d celui-ci passa dans les états du pape,à Avignon . Toutefois Richelieu ne resta pas inactif; de saretraite il continua une correspondance avec la reine mère,et la détermina à séchapper de Blois et à se jeter dans lesprovinces du Midi pour exciter une guerre civile.

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