[XVII. S.] CRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 39
Le favori, ne voulant point affronter l’opinion publique,se décida à ne point employer les moyens violents pour ré-duire la reine. 11 résolut même d’entrer en négociations avecelle; et pour cet objet, il jeta les yeux sur Richelieu, quiétait toujours à Avignon , et lui fit proposer sa réintégrationdans son secrétariat, avec le chapeau de cardinal en échangede son intervention dans les querelles qui venaient d’éclater.L’évêque de Luçon accepta cette mission, vint trouver Marie de Médicis , la détermina à un accommodement avec son fils,et en traita les conditions de concert avec le duc d’Épernon .
La paix fut rétablie dans le royaume par les négociationsappelées le Traité d’Angoulême; mais ce fut pour peu detemps; Luynes ayant refusé de remplir ses engagementsenvers Richelieu, celui-ci fit rompre les engagements prispar sa royale maîtresse, et la guerre recommença plus vivequ’auparavant; seulement elle avait changé de théâtre, etembrasait le Nord au lieu du Midi.
Tous les ennemis du gouvernement se réunirent à Marie de Médicis , qui se trouva bientôt à la tête d’une armée re-doutable. Louis XIII rassembla à la hâte les troupes quiétaient cantonnées dans les environs de Paris et marcha surRouen , dont les rebelles avaient pris possession. L’arméeroyale, qui était trois fois plus nombreuse que celle de Marie de Médicis , n’eut pas de peine à reprendre la ville et mêmele château. On en vint alors à un second accord; la reineconsentit à déposer les armes; Louis XIII publia un décretpar lequel il reconnaissait que sa mère n’avait point voulutroubler la tranquillité du royaume, et tous deux se rendirentà Brissac pour signer la paix. Cette nouvelle réconciliation