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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S-l
fut célébrée par des fêtes magnifiques, que le pauvre peuplepaya suivant l’habitude; puis il fallut que la mère et le filssongeassent à récompenser les services que leur avaient ren-dus leurs partisans; les deux majestés puisèrent dans lescoffres de l’état, imposèrent de nouvelles taxes sur les mal-heureux, et payèrent leurs dettes de reconnaissance avec l’orde la nation.
L’ambitieux duc de Luynes se garda bien de laisser échap-per l’occasion de monter plus haut encore qu’il n’était; ileut l’audace de demander que la charge de connétable, va-cante depuis la mort du maréchal de Montmorency, fût ré-tablie en sa faveur; et le roi eut la lâcheté d’accorder cettedistinction à un homme qui n’avait aucun mérite militaire.Et pour surcroît d’audace, quand Luynes prit possession desa nouvelle charge, il voulut qu’on suivît le même cérémo-nial qui avait été observé à l’installation des plus illustresconnétables; « et lui, dit Mayenne, qui ne savait pas seu-» lement ce que pesait un glaive, reçut de la main de» Louis XIII , en présence des princes du sang et des grands» du royaume, une épée dont la garde et le fourreau étaient» garnis de diamants d’un prix inestimable. »
Parvenu au faîte des grandeurs, le favori, n’ayant plusrien à désirer pour lui-même, se mit à protéger ses parents ;il fit un de ses frères maréchal de France, et l’autre duc; ilappela auprès de lui tous les membres de sa famille; et ilsétaient si nombreux, que le roi ne pouvait s’empêcher dedire qu’il n’avait jamais vu à un seul personnage tant de pa-rents ; qu’ils arrivaient à la cour par batelées et sans qu’il yen eût un seul habillé de soie; qu’il n’en était pas de même