Band 
IX.
Seite
61
JPEG-Download
 

[XVII. S.] CRIMES DÉS ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 61

toutefois quand ils y étaient installés, et que rien n’égalait leluxe des Luynes. — Le nouveau connétable déployait eneffet un faste tellement scandaleux qu’il semblait vouloir in-sulter à la majesté royale, et qu’on afficha à la porte de l’hôtelqu’il habitait avec ses deux frères, un écriteau avec cesmots : « Iiôtel des trois rois. »

Les courtisans redirent la chose à Louis XIII pour excitersa défiance contre son favori ; et comme le monarque étaitnaturellement enclin à la jalousie contre ceux mêmes qu’ilavait élevés, il prit de l’ombrage de la puissance dont il avaitinvesti le duc de Luynes, et s’habitua peu à peu à lui témoi-gner moins de déférence que par le passé. Le connétables’aperçut facilement que la faveur du maître s’éloignait delui, et qu’il ne lui restait plus qu’un seul moyen pour semaintenir au pouvoir, celui de susciter des embarras au roiet de se rendre nécessaire. En conséquence, il résolut detroubler le royaume par des guerres de religion ; il renouvelales persécutions contre les protestants de France , les poussaà la révolte, et détermina Louis XIII à prendre lui-mêmeTe commandement de son armée pour faire rentrer les hu-guenots dans le devoir.

Cette armée, qui avait le roi pour chef, et qui comptaitdans son état-major six maréchaux de France ainsi que bonnombre de grands seigneurs et d’illustres capitaines, neparvint cependant qu’à prendre d’assaut quelques placesde peu d’importance, et échoua complètement au siège deMontauban , que défendait le marquis de la Force, Aprèstrois mois de tranchée ouverte, sa majesté fut obligée derompre honteusement le blocus de cette ville. Les courti-