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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S.]

testait Richelieu; et aux premières ouvertures de Marie deMédicis , il avait dit : « Cessez, madame, d’insister pour» votre protégé, c’est un homme fourbe, débauché, ingrat,» inexorable, cruel et d’une ambition démesurée. » Néan-moins sa persistance écarta les obstacles, et le nouveau car-dinal prit place dans le conseil.

Une des causes de cette répugnance extrême de Louis XIII pour Richelieu venait d’un sentiment de jalousie assez sin-gulier : le roi, soit faiblesse de constitution, soit abus desplaisirs contre nature, ou la conséquence de cette habitudehonteuse appelée onanisme, dont il avait usé outre mesure,se trouvait dans un état d’impuissance absolue; cependantil se montrait en .toutes circonstances fort chatouilleux àl’endroit de l’honneur de sa femme, et poursuivait de sahaine ceux qui montraient quelque empressement auprèsd’elle. Or, Richelieu , non content d’avoir la reine-mèrepour maîtresse, avait cherché à se faire agréer de la femmede son souverain, et Louis XIII avait d’autant moins tardé às’apercevoir des poursuites du cardinal, que la jeune reine,ne partageant pas la passion quelle avait inspirée, ne se fai-sait point faute de se moquer du galant prélat et de tournerson amour en dérision.

On s’attendait à la cour que le cardinal de Richelieu, vules désavantages de sa position, prendrait modestement placeau conseil sans chercher à dominer ; on reconnut bientôt àquel homme on avait affaire; il se posa comme un maître,et tout lui céda. Le roi le nomma son ministre, soumit savolonté à la sienne, et pendant dix-huit années parut avoirabdiqué entre ses main§ l’exercice de l’autorité souveraine.