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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
mystérieux amours de sa femme, et ne put empêcher quecelle-ci, sous prétexte d’accompagner la nouvelle reine d’An-gleterre, ne suivît son amant à Amiens et ne passât plusieurssemaines dans une intimité qui mit un terme à la stérilitéd’Anne d’Autriche .
Marie de Médicis , qui était alors réconciliée avec la reine,avait favorisé les désordres de sa belle-fille en simulant unegrave maladie et en lâisant retarder le départ de l’ambas-sadeur. Quoique le roi ignorât les intrigues de sa femme,néanmoins il prit de l’ombrage de son séjour prolongé àAmiens, et lui intima l’ordre de revenir à Paris . 11 fallutobéir, et le beau duc fut contraint de s’arracher des brasde l’ardente Espagnole et de reprendre le chemin de Lon-dres avec la princesse Marie-Élisabeth , qui chercha, dit-on,à lui faire oublier sa belle-sœur. Elle n’y réussit pas; car Buc-kingham n’eut pas plus tôt accompli sa mission et conduitla fille de Henri IV à la cour de Charles I er , qu’il revint enFrance et reparut même au Louvre, où il continua ses intri-gues amoureuses avec Anne d’Autriche .
Le cardinal de Bichelieu eut connaissance de la présencedu duc à Paris , et dans son dépit il songea simplement àfaire assassiner son heureux rival. Celui-ci, averti à temps,parvint à se soustraire au poignard des sicaires du prélat,et gagna un port de mer, où il s’embarqua pour l’Angle-terre. Néanmoins les dangers qui l’environnaient, les obsta-cles qui se dressaient entre lui et la reine de France , ne firentqu’accroître sou amour au lieu de 1 amortir; et résolu àbraver tout-pour parvenir jusqu’à sa royale maîtresse, il son-gea à se revêtir d’un caractère officiel qui lui permît de sé-