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HISTOIRE DES PAPES.
L XVII. S.]
qui marchaient devant lui tambour battant, ainsi que celaavait lieu pour Louis XIII lorsqu’il habitait Paris .
Le comte de Chalais ne fut pas à beaucoup près aussi bientraité que Monsieur; et quoique dans ses interrogatoires ileût prouvé qu’il n’avait agi qu’à l’instigation d’Anne d’Au-triche , de la reine mère et de Gaston, il ne put avoir la viesauve, et il fut condamné à la peine de mort. Sa mère obtintseulement qu’on épargnerait au coupable les horreurs delàquestion extraordinaire, et qu’on atténuerait les dispositionsinfamantes du jugement en le décapitant derrière les mursde la prison de Nantes .
Le jour de l’exécution, quelques-uns de ses amis firent ca-cher le bourreau pour retarder son supplice, dans l’espoirque ce délai permettrait de tenter un dernier effort sur lemonarque pour sauver l’infortuné; mais le cardinal, qui nevoulait pas que sa vengeance lui échappât, fit sortir des ca-chots un malfaiteur qui, pour se racheter de sa condamna-tion, consentit à remplir l’office d’exécuteur; et comme iln’avait pas l’habitude de se servir d’une épée, on l’arma d’unedoloire, sorte d’instrument de tonnellerie qui sert à unir lebois, et avec lequel il lrappa trente-quatre fois l’infortunéChalais, avant de lui séparer la tête du corps!
L’implacable ministre ne se contenta pas d’avoir fait punirles principaux coupables, il voulut encore se prémunir contrele retour de semblables dangers; et, dans ce but, il cherchaà se faire un appui du roi en lui inspirant des craintes exa-gérées sur sa propre sûreté, et en l’habituant à le regardercomme sa sauvegarde contre les périls domestiques. Il obtintqu’une suite, composée de deux compagnies de cavalerie et