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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 71

de deux cents mousquetaires à pied, fût attachée à sa per-sonne, et que cette troupe servît dans le palais par quartierscomme dans la maison du roi. Ensuite il sollicita et obtint lagrande maîtrise et la surintendance générale de la navigationde France ; puis il détermina le roi à supprimer la charged’amiral ainsi que celle.de connétable, et à lui confier l’ad-ministration absolue du royaume. Tout plia alors devant lui.Le prince de Condé, qui était compromis dans la conjurationdeChalais, fut forcé de faire sa soumission au cardinal; laduchesse de Chevreuse, qui s’était d’abord réfugiée en Lor-raine , fut condamnée à l’exil et pourchassée si vigoureuse-ment par les agents de Richelieu, qu’un jour elle fut obligéede passer la Somme à la nage afin d’échapper aux poursuites;elle gagna enfin Calais et passa en Angleterre.

Caston fut environné d’espions, qui rendirent compte jourpar jour de toutes les actions de ce prince. Anne d’Autriche et la reine mère devinrent également l’objet d’une surveil-lance tellement active, qu’il leur fut impossibe de rien entre-prendre pour secouer le joug de fer du cardinal-ministre.Mais au moment où il se croyait le plus assuré contre tousles événements, il lui surgit un embarras qu’il n’avait pointprévu. La femme de Gaston devint enceinte; et comme l’étatd’impuissance du roi était universellement reconnu, tous lesregards se portèrent sur le jeune prince en qui semblait de-voir se perpétuer la race royale.

Richelieu, comprenant que la naissance d’un fils de Gas-ton était le signal de sa chute, ne pouvait dissimuler les sen-timents de colère qu’excitait en lui la vue de Madame, qui« chaque jour venait au Louvre, dit le duc d’Orléans dans