Band 
IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S.]

» ses mémoires, faire parade de son ventre, et annoncer hau-» tement qu’elle allait avoir un fils qui tiendrait la place du» dauphin. «

Louis XIII partagea la jalousie dont son ministre était dé-voré, et se prit à exécrer son Irère à tel point, que la hainel’emportant sur le soin de son propre honneur, il osa expri-mer le souhait que la reine lui donnât un bâtard qui vîntdétruire les espérances du duc d’Orléans. Il ne fut pas né-cessaire toutefois de recourir pour le moment à cet expé-dient; la femme de Gaston accoucha d’une fille et mouruttrois jours après.

On accusa le cardinal et le roi d’avoir fait empoisonner laprincesse afin de n’avoir pas à redouter les conséquencesd’une nouvelle grossesse ; et ce qui vint corroborer celte opi-nion, c’est que sa majesté défendit à son frère de contracterun nouveau mariage. Du reste, par forme de compensation,on l’autorisa à entretenir autant de maîtresses et de mignonsqu’il pourrait lui convenir de le faire. Gaston se soumit très-docilement aux conditions qui lui étaient imposées, se livraà tous les débordements ; et pour se consoler de n’avoir au-cune autorité dans l’état, il créa dans son palais un royaumeimaginaire, où les courtisans étaient tenus à ne dire que dessottises ou des propos licencieux. Ce singulier empire étaitgouverné par un conseil appelé « le conseil de la vaurienne-» rie, » où l’on mettait en délibération des sujets de luxure,des propositions d’orgies et des initiations de nouveauxadeptes, grands seigneurs ou nobles dames. Le comte Moreten était le grand prieur, l’abbé de la llivière, le grand mo-nacal , et le poète Patris un des grands vicaires.