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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 77

valet à sa mère. » Louis XIII , que cette scène fatiguait beau-coup, garda le silence, sortit sans jeter les yeux ni sur Ri-chelieu ni sur la reine, et partit immédiatement pour Ver­ sailles . Le cardinal se crut perdu, et revint à son hôtel pourfaire ses préparatifs de départ.

La disgrâce du premier ministre paraissait certaine; letriomphe de la reine-mère semblait assuré, déjà tous lescourtisans se pressaient en foule dans les salons du palais du Luxembourg , qui était la demeure de Marie de Médicis ,lorsquun ami de Richelieu, le duc de Saint-Simon, inspiraau roi lidée de revoir encore une fois le cardinal avant de lerenvoyer. Celui-ci, averti de ce désir du monarque, vole àVersailles , cause avec le roi, fait de nouvelles protestationsde son dévouement à sa personne, et mène ses affaires avectant dadresse, quil reprend tout son ascendant et devientplus en faveur que jamais. Ainsi la reine-mère se trouvaperdre la partie pour avoir négligé de pousser un verrou etde suivre son fds à Versailles .

Ce jour fut nommé la journée des dupes, à cause du grandnombre des courtisans qui sétaient laissés entraîner dans leparti de la reine, et qui eurent fort à regretter de sêtre pro-noncés contre le cardinal ; le garde des sceaux Marillac futenvoyé en exil pour le reste de sa vie ; son frère, le maréchalde France, fut privé de son commandement de larmée dIta­ lie , et banni du royaume; enfin tous les amis de la reine-mèreet ceux qui avaient trempé dans le complot furent sévèrementpunis. Marie de Médicis elle-même fut plus que jamais en-tourée despions qui étaient chargés de rendre compte de sesmoindres démarches ; et Richelieu , pour ne pas oublier le