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HISTOIRE DES PAPES.
fXVII. S.]
plus petit renseignement, mettait par écrit, jour par jour,les avis, les mois, les bruits qu’il recueillait par lui-mêmeou par ses agents. Ces notes, qui sont pour la plupart de samain et qu’il ne destinait pas à voir le jour, ont fort heureu-sement échappé à la destruction, et sont passées à la postéritésous le nom de « Journal fait pendant le grand orage de la» cour. » Ce journal peut être regardé comme un chef-d’œuvrede ruses et d’adresse parmi les archives de la police, si richesen infamies de toute nature.
Cependant, à la sollicitation du roi, Marie de Médicis etle cardinal gardèrent les apparences d’une réconciliationtrompeuse; la princesse reprit séance au conseil, et fitmême publiquement l’éloge du ministre; mais dans l’ombre,l’Italienne méditait sa vengeance. Par ses conseils, Gaston,qui avait déclaré se soumettre aux volontés du roi et recon-naître combien le cardinal était utile au service du prince etau bien de l’état, changea subitement d’allures et de conduite;un matin il se rendit chez Richelieu, accompagné de douzede ses gentilshommes, et annonça au ministre qu’il lui reti-rait la parole qu’il lui avait donnée de ne rien tenter contre sapersonne ; qu’il voyait en lui l’ennemi de la reine-mère, qu’enconséquence il ne se ferait pas faute de le punir; et que mal-gré le caractère de prêtre dont il était revêtu, il lui feraitsentir qu’il était mal venu de s’en prendre à de si grandspersonnages que lui et sa mère.
Les gestes et les regards qui accompagnèrent les menacesde Gaston, l’air insolent des gentilshommes qui composaientsa suite, remplirent de terreur l’âme de Richelieu; et aussi-tôt que le prince fut sorti, il accourut auprès de Louis XIII