Band 
IX.
Seite
78
JPEG-Download
 

78

HISTOIRE DES PAPES.

fXVII. S.]

plus petit renseignement, mettait par écrit, jour par jour,les avis, les mois, les bruits quil recueillait par lui-mêmeou par ses agents. Ces notes, qui sont pour la plupart de samain et quil ne destinait pas à voir le jour, ont fort heureu-sement échappé à la destruction, et sont passées à la postéritésous le nom de « Journal fait pendant le grand orage de la» cour. » Ce journal peut être regardé comme un chef-dœuvrede ruses et dadresse parmi les archives de la police, si richesen infamies de toute nature.

Cependant, à la sollicitation du roi, Marie de Médicis etle cardinal gardèrent les apparences dune réconciliationtrompeuse; la princesse reprit séance au conseil, et fitmême publiquement léloge du ministre; mais dans lombre,lItalienne méditait sa vengeance. Par ses conseils, Gaston,qui avait déclaré se soumettre aux volontés du roi et recon-naître combien le cardinal était utile au service du prince etau bien de létat, changea subitement dallures et de conduite;un matin il se rendit chez Richelieu, accompagné de douzede ses gentilshommes, et annonça au ministre quil lui reti-rait la parole quil lui avait donnée de ne rien tenter contre sapersonne ; quil voyait en lui lennemi de la reine-mère, quenconséquence il ne se ferait pas faute de le punir; et que mal-gré le caractère de prêtre dont il était revêtu, il lui feraitsentir quil était mal venu de sen prendre à de si grandspersonnages que lui et sa mère.

Les gestes et les regards qui accompagnèrent les menacesde Gaston, lair insolent des gentilshommes qui composaientsa suite, remplirent de terreur lâme de Richelieu; et aussi-tôt que le prince fut sorti, il accourut auprès de Louis XIII