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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.J
un piège à Marie de Médicis, fit un voyage avec elle au châ-teau de Compiègne et en repartit pendant la nuit, laissant lareine-mère sous la garde du maréchal d’Estrées et d’un offi-cier nommé la Ville-aux-Clercs. « En même temps, ditRi-» chelieu, on fit commandement à la princesse de Conti et» aux duchesses d’Ognano, d’Elbeuf et à la connétable de» Lesdiguières , de se retirer chacune dans leurs terres. Vau-» tier, médecin de Marie de Médicis , le plus dangereux in-» strument de la faction, fut envoyé à la Bastille, où vint le» rejoindre le lendemain le maréchal de Bassompierre, que» la princesse de Conti avait attiré à ce parti, et l’abbé de» Foix , qui faisait métier d’être dans toutes les intrigues de» la cour. Après quoi, sa majesté écrivit aux parlements et» aux gouverneurs des provinces, pour leur donner connais-« sance des justes raisons qui l’avaient obligée d’en user do» la sorte, et leur commander de se tenir au repos. »L’explication de toute la conduite de Louis XIII dans cetteaffaire, est que ce prince sentant son incapacité pour gouver-ner le royaume, jugeait moins dangereux pour sa vie d’êtresous la dépendance d’un ministre que sous celle de sa mèreou de son frère. Sa majesté ne s’arrêta pas à l’emprisonne-ment de Marie de Médicis , elle envoya des troupes contreGaston et l’obligea de se retirer successivement d’Orléans ,de Dijon, et de se sauver avec les ducs de Bellegarde et d’El-beuf jusqu’en Lorraine . Le duc de cette province, qui avaitpersonnellement à se plaindre du cardinal relativement auxlimites et enclaves de ses états dans les trois évêchés, écoutafavorablement la proposition d’une ligue contre le ministreet celle d’un mariage à conclure entre Gaston et sa sœur.